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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 01:00

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« La guerre 1914-1918 a été gagnée à Verdun », disait le général de Castelnau. Quoiqu’il en soit, pendant 300 jours et 300 nuits, Verdun a tutoyé l’histoire de France, d’Allemagne et, au-delà, de l’Europe et du monde. Une histoire faite de grandeur et d’abjection, de beauté et d’horreur, d’héroïsme et d’abnégation, mais aussi de boue, de sècheresse, de chaleur, de froid, de faim, de soif, d’odeurs insoutenables.

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Tout y a été démesuré : les méthodes employées, les moyens utilisés, tant humains que matériels, les bilans. Jamais jusque-là deux camps ennemis s’étaient combattus avec autant de pugnacité, de hargne, de volonté, de conviction, de peur, d’angoisse, sur si peu d’espace, aussi longtemps, dans de telles conditions, pour si peu de résultat, du moins en apparence.

Les objectifs allemands étaient de réduire le saillant de Verdun et de prendre la ville. Les Poilus, individuellement et collectivement, par leur héroïsme, conscient ou non, fruit de sacrifice, de volonté têtue, d’intelligence, d’imagination, d’adaptation, en ont fait le tremplin du sursaut de l’armée et, au-delà, de la France qui devait les conduire à la victoire.

Les causes, la nature, l’expression de cette confrontation expliquent que, à l’heure actuelle dans les consciences allemandes et françaises, Verdun ait ce statut si particulier et soit resté « la bataille » de la Première Guerre mondiale.

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« Dans toute l’histoire de tous les peuples, aucune bataille n’a égalé en agonie la bataille de Verdun. Aucun sol d’aucun pays n’a été aussi arrosé de sang humain que ce petit espace de paysage français… Sur un front de bataille de vingt kilomètres, cent à deux cents mille morts n’ont jamais reçu de sépulture. Leur corps pulvérisés ont été mêlés à la terre… » Georges Blond.

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Verdun – incroyable bataille boucherie

Au-delà des faits, Verdun marque la rupture définitive entre deux conceptions philosophiques et stratégiques de la guerre : l’une, française, traditionnelle, qui s’appuie sur le fantassin ; l’autre, allemande, moderne, qui privilégie l’artillerie. La déflagration qui en découle est d’autant plus violente, brutale et féroce qu’elle est le fait des deux premières puissances armées du monde. Les chiffres parlent d’eux-mêmes car ils sont inversement proportionnels : les deux-tiers des pertes de cette guerre d’un type nouveau sont dus à l’artillerie alors que les pertes du XIXe siècle sont imputables aux fusils.

Verdun est donc bien une bataille de l’artillerie contre l’infanterie : symboliquement d’ailleurs, tout commence par un déluge d’acier, le fameux « trommelfeuer ». Les chiffres sont impressionnants, inimaginables pour l’époque : plus de mille trois cents bouches à feu allemandes tirent, sans discontinuité, pendant neuf heures, près d’un million d’obus sur un front large de douze kilomètres.

Verdun n’est pas une bataille parmi d’autres ou comme une autre en raison de l’attitude du fantassin français qui, face à cet enfer de feu méthodique, implacable, qui détruit tout, désorganise tout, individuellement ou par petits groupes, bien que tétanisé, affolé, traumatisé, refuse l’évidence.

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Verdun, ville frontière

Verdun, avec ses 300 jours et ses 300 nuits de combats ininterrompus, est le symbole de la Première Guerre mondiale. Le paysage lunaire du champ de bataille, les tristes visages éprouvés des soldats qui redescendent de l’enfer, la noria des camions sur la Voie Sacrée, les forts écrasés sous les obus, perdus et repris au prix d’efforts inhumains, sont autant d’images présentes dans l’esprit de chacun à l’évocation du seul nom de Verdun.

On raconte souvent que la bataille a commencé par l’explosion d’un obus de 380 mm sur le parvis de la cathédrale de Verdun le 21 février 1916. En fait, la ville n’est pas considérée comme un objectif prioritaire pour l’artillerie allemande, mais elle reçoit néanmoins de nombreux coups et les civils doivent être évacués.

Les soldats français prennent position dans des tranchées hâtivement creusées. Les hommes réarment leur fusil Lebel, une arme notoirement insuffisante en face des mitrailleuses Maxim ou des fusils Mauser.

Les pièces lourdes (270 mm) sont rares dans l’armée française en 1915 et lorsqu’elles sont présentes, les munitions manquent. Georges Boucheron (sergent) décrit le passage des obus de 270 mm : « la voix de basse qui domine de son grondement  toutes les autres voix d’acier, c’est le 270, suivi d’un sifflement puissant mais fatigué, l’obus à chaque instant semble s’arrêter dans l’air, puis à un relais reprendre de la force et repartir jusqu’à ce que l’explosion formidable nous apprenne son arrivée à destination.

Le manque de mortiers de tranchée est une plaie permanente pour l’armée française pendant le premier hiver de guerre. En conséquence, il faut trouver des expédients : dans les réserves des forts se trouvent de vieux mortiers de siège datant du règne de Louis-Philippe ou de Napoléon III. Des mortiers de 15 cm modèle 1839 sont réutilisés faute de mieux, en attendant l’arrivée des crapouillots.

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La supériorité allemande en matière d’artillerie est écrasante en 1915 avec des conséquences faciles à imaginer : les troupes françaises sont sans cesse sur la défensive et ne peuvent maintenir leurs positions.

On utilisera des canons de montagne de 65 mm, canon léger facile à transporter jusqu’en première ligne, mais son tir tendu n’est pas vraiment adapté à la guerre des tranchées. Faute de matériel adapté, les improvisations sont légions au début de la guerre des tranchées. Comme l’arbalète qui tire une grenade à faible puissance qui n’est pas très dangereuse pour l’ennemi, mais elle offre au moins un soutien moral aux troupes…

Le refus de l’évidence.

Ce comportement réflexe est d’autant plus incroyable qu’il n’est pas le fruit d’un ordre hiérarchique, qu’il n’est pas formalisé intellectuellement. Ce refus est simple, têtu, désespéré, ferme. Il est d’autant plus définitif qu’il émane d’une conscience rurale, profondément enracinée, qui a de la mémoire et de la fierté. Cette opposition bouleverse le cours des évènements, force l’admiration de la France et, au-delà, du reste du monde, notamment de l’Allemagne. C’est d’ailleurs pour cette raison que le Kronprinz tient à saluer personnellement le commandant Raynal à la suite de sa reddition. Héritier d’une très longue lignée guerrière et chevaleresque, à travers la remise symbolique de l’épée, il rend, ainsi, à sa manière, les honneurs aux soldats de Verdun.

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Le Poilu de Verdun se veut, consciemment ou non, héritier de la patrie et fils de la nation, et transforme sa résistance héroïque, comme l’a si bien vu Philippe Pétain, en « boulevard moral de la France ». « Ce nom, s’exclame Raymond Poincaré, représente désormais ce qu’il y a de plus beau, de plus pur et de meilleur dans l’âme française. Il est devenu synonyme synthétique de patriotisme, de bravoure et de générosité. »

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Monument André Maginot, soldat de Verdun

Quelle que soit la conception que l’on puisse se faire d’une guerre future, il est une nécessité qui demeure impérieuse, c’est d’empêcher l’invasion du territoire. Nous savons quels désastres elle peut accumuler, désastres tels que la victoire, elle-même, n’arrive pas ensuite à en compenser les irréparables dommages. Les organisations défensives des frontières dont nous voulons l’exécution, n’ont pas d’autre but que de barrer la route à l’invasion toujours possible. Le béton vaut mieux à cet égard et coûte moins cher que le mur de poitrines…

André Maginot, ministre de la guerre, demandant au parlement la création de la ligne de fortifications à laquelle son nom demeure attaché –

Sous-secrétaire d’Etat à la guerre, affecté sur sa demande à la mobilisation, comme simple soldat au 44e R.I.T. – a organisé autour de Verdun une section d’éclaireurs volontaires dont il a pris la direction et dont il a été l’âme – au cours de plus de cinquante patrouilles en terrain occupé par l’ennemi, a donné l’exemple du plus admirable courage et a été médaillé le 6 novembre 1914 – grièvement blessé le 9 novembre, a tenu toute la journée avec une poignée d’hommes et malgré ses blessures contre un ennemi très supérieur en nombre, auquel il a infligé de grandes pertes. Cinq citations, Médaille militaire pour faits de guerre. Deux blessures.

« Citation conférée au sergent Maginot avec la croix de chevalier de la Légion d’Honneur. »                                                                  Signé PETAIN

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Mémorial de Verdun

« Tous vinrent à Verdun comme pour y recevoir je ne sais quelle suprême consécration… Ils semblaient par la Voie Sacrée monter pour un offertoire sans exemple à l’autel le plus redoutable que jamais l’homme eut élevé. »                                                                                      Paul Valéry

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« Ce mémorial a été édifié par les survivants de Verdun en souvenir de leurs camarades tombés dans la bataille pour que ceux qui viendront se recueillir et méditer aux lieux mêmes de leur sacrifice comprennent l’idéal et la foi qui les ont inspirés et soutenus. »                         Maurice Genevoix

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      Fleury-devant-Douaumont (site de Fleury, village détruit en 1916)

Mieux que les hommes cette terre conserve l’implacable souvenir de l’artillerie des deux adversaires de l’époque. L’Histoire a des vertus thérapeutiques douces contre la violence sous toutes ses formes. A chacun d’y réfléchir.

Le 21 février 1916, Fleury-devant-Douaumont est réveillé par le bombardement préparatoire à l’assaut allemand. Il neige. L’horizon est en feu. Les nouvelles sont rares et contradictoires. L’ordre est donné d’évacuer le village. Les habitants s’entassent dans les charrettes, emmènent le bétail et descendent vers Bras sur Meuse et Verdun croisant les renforts qui se hâtent vers la ligne de feu. Le 24 février, la chute du fort de Douaumont met Fleury-devant-Douaumont sous les vues allemandes. Les bombardements crèvent les toitures pendant que les tranchées et les abris transforment les caves en îlots de résistance. Et la destruction de Fleury-devant-Douaumont ne s’arrêtera plus. En mai, il n’est déjà plus qu’un tracé de ruines fumantes. Le 7 juin, la perte du fort de Vaux le met en première ligne.

Entre Froideterre et Souville, à la tête des ravins de la Poudrière et des Vignes, il devient une des clés de la bataille. Emporter cette position, c’est une chance pour les Allemands de percer, la tenir, c’est verrouiller la porte qui ouvre sur Verdun.

Ainsi commence l’agonie de Fleury-devant-Douaumont dont le drame se noue pendant les semaines de juin à août 1916 quand l’assaillant lance ses dernières et furieuses offensives sur le front de Froideterre-Souville. Au cours de la bataille, Fleury-devant-Douaumont changera 16 fois de mains. Le 23 juin, les meilleures troupes du Kronprinz, Bavarois et Alpenkops, précédées de milliers d’obus dont à gaz, déferlent sur le village.

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Pour retarder cette avance impitoyable, le 121e Bataillon de Chasseurs à pied se sacrifie ; à la nuit, il est anéanti ; mais la 260e brigade peut prendre la relève. Se succèdent alors de furieux assauts sur ces quelques hectares. Pris le 23 juin, Fleury-devant-Douaumont est repris le 24 ; reperdu aussitôt, réoccupé le lendemain est reperdu de nouveau. Le 27, un bataillon du 241e Régiment d’Infanterie s’accroche à la lisière sud et en interdit le débouché. Le 11 juillet, l’assaillant tente un suprême effort et dans la poussière âcre des explosions, il attaque, précédé de lance-flammes et réussit à s’emparer de la Poudrière défendue par deux bataillons de la 255e brigade commandée par le colonel Coquelin de Lisle.

Quelques éléments parviennent même jusqu’au centre D dit le « Morpion » par les Allemands en raison de l’aspect qu’il présentait sur leurs photos aériennes puis se replient avec quelques prisonniers.

Cet ouvrage terrassé encore visible sur le terrain marque l’extrême avance de l’ennemi en direction de Verdun.

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La Poudrière appelée par les Allemands « M. Raum » (abri à munitions) édifiée avant la guerre en même temps que le camp retranché de Verdun, devait servir de dépôt avancé de munitions d’artillerie, pour permettre d’alimenter plus rapidement les batteries de forteresse ou de campagne entre Douaumont, Thiaumont, Froideterre et Fleury-devant-Douaumont, ainsi qu’un certain nombre de dépôts de munitions secondaires reliées à elle par voie 60. Abri sous roc situé à environ 10 mètres sous terre à deux entrées.

À l’intérieur, dans les couloirs, reste la trace de voie de 60 cm et plaques tournantes qui assuraient jusqu’au début de la bataille l’acheminement des munitions à pied d’œuvre. Dans le fond, une grande salle servait de poste de secours. À l’entrée, le long de la piste (sentier de découverte de la Poudrière de Fleury-devant-Douaumont), restent les vestiges de l’ancien poste de garde, où le colonel Coquelin de Lisle a été tué ce 11 juillet 1916.

À 200 mètres au Sus-Sud-Ouest, se trouve la tombe du caporal mitrailleur Rachel tué le même jour.

Du 13 juillet au 5 août, de violents combats continuent autour des ruines du village englouties dans le chaos du champ de bataille. Les 17 et 18 août, le Régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc qui se bat depuis 10 jours dans les ruines, s’élance à l’assaut en chantant la Marseillaise et reprend définitivement le village. En octobre et novembre, la position de Fleury-devant-Douaumont sera la base de départ des offensives qui reprennent Douaumont et Vaux.

 

Mort pour la France en 1916

Erigé à l’emplacement du village détruit de Fleury-devant-Douaumont, dont la dispute (il fut pris et repris 16 fois) dit l’âpreté de la lutte de deux adversaires acharnés au nom d’idéaux différents dans un sacrifice semblable, le Mémorial témoigne ici de ce qui fut : l’héroïsme anonyme et quotidien, la souffrance physique et morale, une volonté génératrice des plus hautes vertus. Et la chaude camaraderie du front, pudique, secrète, puissamment vivante au-delà de la mort.           Gérard Canini

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Ravins de la Poudrière et des Vignes – Le Morpion

Jusqu’à la grande guerre, Fleury-devant-Douaumont mena une existence paisible et laborieuse. De temps immémorial, les travaux et les jours se déroulaient au rythme des saisons faisant alterner semailles et moissons, bûcheronnage et vendanges, années de disette et de prospérité.

Les invasions de 1792, 1814 et 1870 évitent ces hauteurs boisées où rodent encore des loups… Le temps qui semblait s’être arrêté à Fleury-devant-Douaumont accélère soudain son rythme son rythme après 1870. Le chemin de fer à voie étroite Verdun-Douaumont passe à Fleury-devant-Douaumont. Puis la construction de la Redoute à Souville, des forts de Tavannes, Froideterre, des ouvrages intermédiaires, amène dans les rues du village une foule de travailleurs et de soldats.

En août 1914, ses 400 habitants voient défiler les régiments de Verdun qui partent en couverture dans la plaine de la Woëvre. En septembre, la bataille de la Marne fixe le front à quelques kilomètres au nord et au nord-est du village. En 1915, intact et débordant de troupes, il fait partie de la région fortifiée de Verdun.

Un village « mort pour la France »

En 1918, Fleury-devant-Douaumont est un village « mort pour la France ». Mais, comme huit autres du front de Verdun, la nation reconnaissante lui a conservé sa personnalité juridique. Fleury-devant-Douaumont a un maire ; Fleury-devant-Douaumont a ses fidèles.

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Fleury-devant-Douaumont revit. L’Association Nationale du Souvenir de la Bataille de Verdun et l’Office National des Forêts ont dégagé le tracé de ses rues, l’emplacement de ses maisons. On peut y trouver la fontaine du village où jaillissaient les rires et eau claire, les fermes, la forge, l’école, l’église…

Depuis 1979, Notre-Dame de l’Europe scellée sur la façade de la chapelle votive appelle à la fraternité et à la paix, tous les hommes qui viennent en ce lieu s’incliner devant le sacrifice et la misère des deux adversaires de l’époque, aujourd’hui réconciliés.

Fleury-devant-Douaumont – Mort pour la France en 1916

Vous méditerez un instant devant Notre-Dame de l’Europe enchâssée sur la façade de la chapelle de Fleury en 1979. Ici, au point convergent des déchirements et des souffrances, le visage pacifié de la Vierge émergeant de son manteau, comme le blessé émerge de la boue, comme la vie renaît de la mort et l’espoir du désespoir, est le symbole apaisant et volontaire de la réconciliation dans une construction fraternelle.                    Gérard Canini.

C’est ici, dans le silence de Douaumont, dans ce village rasé de Fleury que j’ai clairement conçu qu’on ne pouvait abattre en Europe les murs sans avant tout réconcilier les peuples.                                                        .                                                                  Jean Guitton de l’académie française

Devant les chapelles du Souvenir des villages détruits vous vous souviendrez qu’il y eut ici des hommes, des femmes, des enfants qui vivaient, qui aimaient ce paysage de Lorraine, qui en travaillaient la lourde terre ingrate. Il y eut ici des hommes en paix et les cendres de leurs ancêtres sont mêlées maintenant à celles des soldats disparus ! Sur elles veille l’Ossuaire où palpite l’âme du champ de bataille et brûle la flamme éternelle de la piété.                                                                                  Gérard Canini.

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Fleury-devant-Douaumont ; enjeu de la bataille de Verdun

Certains villages de Bavière ont donné à leurs rues le nom de Fleury-devant-Douaumont, en souvenir des Bavarois tombés dans les combats menés dans ce petit village français par l’Alpenkorps à partir du 23 juin 1916.

Témoignage du sous-lieutenant Hermann Timmermann, de la garde bavaroise sur la lutte dans Fleury : « En l’espace de quelques secondes, j’aperçois au coin sud-est des ruines de Fleury, encore occupées par les français, de gigantesques nuages de fumée noire et les jets de lance-flammes. Je vois aussitôt sortir des groupes fantastiques, des tas de Français hurlant, vacillant, brûlant sur pied. Ils tirent en aveugle autour d’eux. Certains courent comme des torches vivantes, puis s’abattent. »

Le lieutenant Von Lossow poursuit : « Les aviateurs français surgissent de la fumée, rapides comme l’éclair, ils tirent sur nous à la mitrailleuse, ils foncent si près du sol qu’on a l’impression qu’ils vont enlever l’un de nous, (…) »

Dans son livre « Dix mois à Verdun », l’abbé Théllier de Poncheville évoque le calvaire de Fleury : « D’abord par rangées entières les maisons ont été consommées par la mitraille et par l’incendie, les toits effondrés, les murs troués, calcinés, écroulés dans la rue, dans le jardin, avec leurs charpentes tordues et toute leur grâce intime profanée. Une forte odeur de charnier s’en dégage et non loin des vieux morts du cimetière civil bouleversé, aux sépultures ouvertes, gisent des morts récents en bleu horizon ou feldgrau. (…) La furie des combats a tout dispersé, les obus se sont abattus sur ces ruines baignées du sang des combattants, truffées de cadavres rongés par les rats, en putréfaction avancée, des ferrailles de guerre, fusils rouillés, pelles cassées, fil de fer barbelé. (…) L’emplacement du village de Fleury se reconnaît à la couleur de ses pierres répandues comme des tas d’écume blanche sans cesse éparpillée. »

Hommage aux volontaires américains

Si la bataille de Verdun est une bataille française, il serait injuste de ne pas se souvenir des formations sanitaires américaines qui, volontairement viennent en 1916 se ranger à Verdun, aux côtés de leurs camarades de France. American Ambulance Hospital, American Red Cross, American Field Service dont les voitures Ford, judicieusement aménagées, parviennent à franchir les terrains crevassés. Elles se rendent ainsi jusqu’aux forts de Souville et de Tavannes pour évacuer les blessés, excursions particulièrement dangereuses. « Elles ont sauvé la vie à un grand nombre de braves qu’on n’eût pu évacuer sans elles et méritent la reconnaissance de toute l’armée de Verdun. » (Capitaine d’artillerie Thillier, 127e DI)

« Cette bravoure leur valut d’être citées à l’ordre de l’Armée. » (Edwin W Morse, colloque  Les Fronts Invisibles, 1980).

« Mon corps à la terre, mon âme à Dieu, mon cœur à la France »

Telle était « la simple et magnifique devise » adoptée par les Sanitaires américains de Verdun. Ce noble engagement est aussi celui des 180 pilotes volontaires américains en service successivement dans l’escadrille LA FAYETTE, créée le 18 avril 1916, aux ordres du capitaine Thénault. Elle se bat à Verdun de mai à septembre, puis sur la Somme, l’Aisne, l’Yser totalisant 199 victoires et 68 tués.

L’un d’eux, le sergent Victor Chapman, dont l’avion est abattu le 30 juin 1916 au cours des combats de Fleury repose au Meuse-Argonne American Cemetry à Romagne-sous-Montfaucon (55) et non pas à Marne-la-Coquette (Hauts-de-Seine) où se situe le mémorial de l’escadrille LA FAYETTE.

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Cette modeste et courageuse avant-garde rapidement constituée de volontaires américains pour diverses missions, précède en France la déclaration de guerre des Etats-Unis (avril 1917) et l’arrivée massive des Sammies qui atteindront 2 000 000 d’hommes en 1918. « De jeunes soldats rieurs venus par exemple du Kansas ou de l’Arizona (…) pour mourir sur ce sol pétri d’histoire parce qu’ils avaient une certaine idée de l’amitié et de la liberté. » (Gérard Canini, historien). Ces combattants se sont illustrés au saillant de Saint-Mihiel, puis dans l’offensive Meuse-Argonne et au poste de commandement du général Pershing en mairie de Souilly sur la Voie Sacrée.

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Published by Didier GEBETE - dans champ de bataille de Verdun
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commentaires

didier-le-brestois 10/12/2013 15:31


les commémorations du centenaire de la Grande guerre seront très uitiles...

SALIOU 10/12/2013 08:04


Héroique et tragique. Si ce massacre pouvait à jamais servir de leçon! Gilbert.

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