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LES INSTITUTIONS

Le "conseil du duc" comprend une trentaine de membres, dont une dizaine de "techniciens" permanents, des invités aux compétences recherchées, des familiers. Le conseil se réunit 2 ou 3 fois par mois et a les plus larges attributions, suit le duc partout, expédie les affaires courantes sans lui. Les Etats de Bretagne représentent le duché et comportent une soixantaine de prélats, dont les 9 évêques, une centaine de nobles, dont les 9 barons, et une trentaine de députés des 25 villes. Les Etats sont réunis 2 à 3 fois par an dans différentes villes pour discuter et accepter les projets soumis par le duc en matière de législation, de justice, d'imposition, de traités, d'organisation, etc.

 

L'ADMINISTRATION, LA JUSTICE, LES IMPOTS

La chancellerie est le service qui rédige, expédie, archive les actes ducaux. Son personnel est composé d'une douzaine de clercs compétents et instruits. La chambre des comptes, installée à Vannes en 1365, comporte 18 membres: elle contrôle la perceptio, et l'utilisation des fonds publics. chevalier-77.JPG

Le Moyen âge a soif de justice. A la base, chaque seigneurie a sa "barre" (tribunal). Il y en a 3 905... Imaginez le nombre d'avocats, de notaires, de greffiers, de sergents et de prévosts!

Le duché est divisé en huit circonscriptions ou "baillies", avec un bailli ou sénéchal à leur tête. Au sommet, le conseil ducal se saisit des affaires particulières. Les "barres" de Rennes et de Nantes reçoivent les appels des baillies.

Pour subvenir à ses besoins, à l'entretien et à la défense du duché, le duc a besoin d'argent. Comme tout seigneur, le duc a les revenus de son domaine propre. Ce qui ne représente que 4% des recettes globales du duché. L'essentiel vient de l'impôt.

Il y a les impôts directs, surtout le "fouage"qui porte sur les revenus et rapporte 65% du total... Les nobles, les ecclésiastiques et gens des villes sont exemptés. Ce sont les ruraux qui supportent tout! Il y a aussi l'imposition indirecte: taxes sur les marcahndises, droit de douane qui rapportent 25 à 30 % du budget, dont l'impôt sur les vins, cidres et breuvages qui représente à lui seul 15%!

Hélas, ces ressources ne suffisent pas, nos ducs gèrent de près leurs biens, veillent à leurs droits, mais dépensent beaucoup... alors il faut recourir à l'emprunt! puis quelques trafics sur la monnaie, la vente d'honneurs....

L'Etat breton a de solides institutions, mais des resources limitées.

 

LA NOBLESSE

La noblesse bretonne est très hiérarchisée avec ses barons, ses chevaliers, ses écuyers et, à la base, ses nombreux "sieurs". Les barons puissants vivent dans le luxe, ont des terres et des intérêts en Fance. Le duc les ménage, leur donne titres et pensions, sans succès définitif. Les chevaliers aux fortunes diverses possèdent châteaux ou manoirs en campagne et en ville et suivent leurs suzerains respectifs. Hors les guerres, cette noblesse sert le duc, se consacre aux loisirs, à la cghasse, aux tournois, aux fêtes, au mécénat, aux arts. chevalier_st_jacques.jpg

Il y a environ 10000 familles nobles (4% de la population).Les guerres ont coûté cher en hommes, en matériel et en argent. Etre noble, c'est vivre des revenus de la tere des ancêtres. A côté des barons et chevaliers, les écuyers (3/4 des nobles) ont souvent beaucoup de mal à vivre "noblement". Les biens sont divisés lors des héritages. Mais il y a les privilèges, l'exemption du fouage, des impôts... Bien des roturiers enrichis essayent d'être anoblis.

Fidèle par tradition, elle reçoit du duc des pensions, des aides diverses et des emplois et accourt dès que le pays est menacé. Le duc multiplie les lettres d'anoblissement: riches bourgeois, bons serviteurs, personnalités remarquables, acheteurs d'offices. Inversement, les nobles trop pauvres déchoient et se fondent dans le peuple. La seigneurie est l'entité de base de la société tant civile qu'économique ou juridique.

 

L'EGLISE

A l'image des sanctuaires qui dominent les villes et les campagnes, l'église chapeaute la vie de la société bretonne. Les évêques, souvent nobles, parfois de haute bourgeoisie, sont aussi de puissants seigneurs temporels, possédant villes, châteaux, terres, hommes. De tout temps, le pouvoir ducal se heurte à ces seigneurs-évêques, jaloux de leurs prérogatives. La "bible", c'est le livre. Mais le livre, toujours manuscrit est rare et très cher. Le prêtre a donc difficilement accès à la "parole" et à l'enseignement qui lui seraient indispensables.

Saint PaternMais la foi est profonde, vécue quotidiennement au travers du culte rendu aux innombrables saints. Le peuple reste étranger aux schismes, aux crises et aux compromissions qui secouent et divisent l'église romaine institutionnelle. La politique de soutien constant du duché à la papauté porte ses fruits: à Redon, en 1441, à Redon.... Par ce concordat, le Saint-Siège s'engage à ne nommer évêques que des gens "fidèles et agréables au duc". En pratique, les nominations résultent d'influences diverses: des familles nobles se transmettent les dignités. C'est l'époque qui le veut. Nos évêques sont instruits, compétents, parfois même exemplaires... A l'opposé, des ordres mendiants (Franciscains, Dominicains...) vivent dans la pauvreté, s'implantent dans les villes. Les frères mendiants sont d'ardents prêcheurs très écoutés. 

La masse des religieux est constituée de près de 10000 "clercs" et prêtres de conditions très diverses. Ces clercs, souvent peu instruits, ne peuvent administrer les sacrements. Ils profitent des exemptions fiscales. Ils relèvent des tribunaux ecclésiastiques, plus indulgents. Ils constituent l'essentiel du personnel de l'administration et de l'enseignement.

Les prêtres déservent églises, chapellenies, légats. Leurs revenus varient suivant les paroisses mais sont souvent faibles. Il n'y a pas de séminaire, l'instruction des prêtres s'améliorera avec la diffusion des livres imprimés. Les prédicateurs parlent un langage imagé et s'en prennent aux "mangeurs du peuple". Les clercs qui ont mission de s'instruire, se comportent souvent comme des marchands fraudeurs qui cherchent à tromper les hommes en leur vendant de la camelote! Le Chrétien doit posséder une connaissance minimale régulièrement contrôlée.

La dévotion aux saints est souvent profonde: 30000 pèlerins par an pour le Tro Breizh à Saint Patern de Vannes.   La pratique de la religion est souvent festive: grand-messes, processions, pardons, s'accompagnent de réjouissances profanes.

Associations d'entraide et de dévotion, les confréries regroupent des fidèles, souvent par profession. La paroisse est, comme la seigneurie, le cadre de base de la vie civile. La religion vécue est à l'image de son temple, richement colorée. L'église abrite les offices religieux, mais aussi les réunions publiques ou professionnelles, les marchés, les fêtes, les jongleurs, les musiciens ... On y joue même à la plume, tant sacré et profane sont liés. "Salle polyvalente", l'église est aussi forteresse-refuge en cas de guerre. L'église-bâtiment est gérée par le "général de paroisse", assemblée de fidèles de droit ou élus qui, entre autres, désigne les gestionnaires de fait: les "fabriciens". Le général est amené à s'occuper des affaires de la paroisse: répartition des impôts, voierie, entretiens... L'assemblée dominicale est aussi l'occasion de débattre des problèmes divers.

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