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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 07:16

Les imposantes tours du château se reflètent dans l'Oust. Propriété des Rohan, l'une des plus anciennes familles de Bretagne, il est le symbole de cette jolie ville de JOSSELIN. Flâner dans les ruelles pleines de charme de cette petite cité de caractère et visiter sa basilique nous a fait passer un bel après-midi de septembre.

Sur les bords de l'Oust, Josselin est une étape importante de la route des Ducs. L'histoire de la ville est intimement liée à celle de son château qui domine la cité. De style gothique flamboyant, il offre un témoignage fort intéressant de l'architecture féodale et de la Renaissance. Fondé au début du XIe siècle, il est aujourd'hui encore habité par les descendants de ses fondateurs, la famille Rohan. Les jardins sont signés Achille Duchesne, paysagiste qui œuvra également à Vaux-le-Vicomte.

Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan

Un faubourg médiéval - Parfaitement restauré en 2006, le quartier Sainte-Croix est aussi ancien que le château. Construit autour de la charmante chapelle du même nom, il présente de beaux exemples de maisons à pans de bois. Une statue miraculeuse - La tradition veut qu'un paysan du IXe siècle découvrit dans un taillis une statue de la Vierge qui fit recouvrer la vue à sa fille aveugle. Sanctuaire commémorant le miracle, la basilique Notre-Dame-du-Roncier à Josselin devint rapidement un lieu de pèlerinage pour les malades en quête de guérison. Détruite pendant la Révolution, la statue de la Vierge a été remplacée par une œuvre moderne.

Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan

La ville des Rohan - Etape capitale sur la route des ducs de Bretagne, Josselin apparaît au détour du chemin, accroché à flanc de colline. A ses pieds, l'imposant château des Rohan, forteresse imprenable campée sur le roc, a étroitement lié son destin à la vie de la cité. Celle-ci s’installe de part et d’autre de l’Oust, avec sa ville haute au nord de la rivière et son cortège de maisons en pans de bois colorés au sud.

Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan

Fièrement implanté en Argoat - Josselin fut fondé au XIe siècle par le vicomte de Porhoët, autour d'une motte féodale sise sur un éperon rocheux, et à partir des trois prieurés Sainte-Croix, Saint-Martin et Saint-Nicolas. Le château, détruit par Henri II Plantagenêt, est reconstruit en pierre à la fin du XIIe siècle, et se développe progressivement. La ville se ceint de remparts ; vers 1500, Jean II de Rohan édifie un nouveau logis.

Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan

Un château au double-visage - Le château en granit, un des plus imposants de France, arbore côté Oust, les traits des forteresses médiévales, côté jardin l'aspect d'une demeure d'agrément au décor flamboyant du gothique finissant. Sous ses fenêtres ouvragées et sous la protection de la basilique Notre-Dame-du-Roncier, s’établit une cinquantaine de maisons en pans de bois, dont la plus ancienne date de 1538.

Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan

Une cité duale - Du XVe au XVIIIe siècle, la ville prospère grâce à ses fabriques de draps, ses tanneries, ses foires. En déclin à la fin du XVIIIe siècle, Josselin reprend un certain dynamisme au XIXe siècle avec la canalisation de l'Oust et le développement du culte marial. Au gré des ruelles, le patrimoine architectural ancien se teinte de modernité. La cité, née il y a mille ans de la rencontre du minéral et de l'eau, du granit et de l'Oust, du civil et du sacré, se prépare ardemment, tel Janus après avoir dit son passé, à proclamer son avenir.

Du haut du clocher de Notre-Dame-du-Roncier (138 marches), la vue plonge sur le château et tous les environs.

Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan

L'intérieur du Château - Le Duc Alain de Rohan et son épouse Herminie, arrière grands-parents des propriétaires actuels, ont consacré toute leur vie à la restauration de leur très belle demeure, le berceau de famille des Rohan. Vers 1860, les travaux débutent sous la direction de l'architecte Jules de la Morandière, très attaché au style néogothique. On peut y découvrir le rez-de-chaussée, entièrement aménagé avec des souvenirs familiaux, des ensembles de mobilier prestigieux, des tableaux de peintres renommés et certaines pièces de musée qu'il vous sera permis d'admirer. Dans la salle à manger, une statue équestre du Connétable Olivier de Clisson, réalisée en 1892 par Emmanuel Frémiet, orne cette pièce aménagée vers 1880. 

Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan

L'antichambre présente un très beau portrait en pied d'Henri de Rohan, Général en chef des Calvinistes. Après le démantèlement du Château, ordonnée en 1629 par le Cardinal de Richelieu, celui-ci aborda Henri de Rohan à la Cour en lui disant :"Monsieur le Duc, je viens de jeter une bonne boule dans votre jeu de quilles...". En effet, le donjon ainsi que plusieurs tours venaient d'être démolies.

Le grand salon est dominé par la présence d'une superbe cheminée monumentale, édifiée au début du XVIème siècle. Sur cette splendide cheminée Renaissance, on retrouve la devise des Rohan, A PLUS. Dans la boucle du P figure la tête d'un homme qui pourrait être celle de  Jean II de Rohan, propriétaire du château à l'époque. D'autres motifs sculptés, des petits personnages et des animaux évoquent le thème de la chasse.

L

a bibliothèque, qui rassemble plus de 3000 volumes, est dotée d'une jolie cheminée Renaissance peinte au moment de la restauration du Château au XIXème siècle. On y retrouve l'initiale A du prénom de la Duchesse Anne. D'autres souvenirs familiaux y sont présentés.

Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
Josselin, la ville des Rohan
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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 19:44

Fondée en 1132, l’abbaye du Relec est composée d’une grande église romane, de vestiges du cloître, d’étangs, d’une chaussée bordée de grands arbres, d’une fontaine monumentale et d’anciens jardins entourés de douves. L’église romane, plusieurs fois modifiée, est aujourd’hui classée Monument Historique. Tous ces éléments confèrent aujourd’hui au lieu une magie indéniable. L’onde qui parcourt la surface des étangs, le vent dans les feuilles des arbres bruissent des souvenirs évanouis de cette vie cistercienne qui a, six siècles durant, animé le lieu et modelé le paysage.

L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq

L’église abbatiale du 12ème siècle est classée Monument Historique est un bâtiment remarquable, rare témoin de l’architecture cistercienne en Bretagne. Le parc est aujourd’hui un espace naturel préservé. Mais au temps des moines c’est un domaine agricole prospère, avec des aménagements hydrauliques, encore visibles aujourd’hui.

L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq

L'Abbaye du Relec (ou Abbaye du Relecq suivant les sources) est une abbaye fondée probablement en 1132 dans un vallon (vallée du Queffleut) au pied des Monts d’Arrée, sur le territoire de la commune de Plounéour-Ménez dans le Finistère. L'église est classée depuis 1914 au titre des Monuments historiques.

L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq

L'abbaye aurait été fondée par des moines venus de l’abbaye de Bégard à l’emplacement d’une abbaye antérieure probablement bénédictine, qui aurait porté le nom de Gerber, fondée par saint Pol Aurélien au VIe siècle, dont le premier abbé aurait été saint Tanguy, décédé en 572, et située à proximité de l’endroit supposé, nommé Brank-Alek (branche de saule), de la bataille ayant opposé en 555 les armées de Conomor, comte de Poher et Tudal, prince de Domnonée (appuyé par le roi des Francs, Childebert Ier). Cela expliquerait le nom de l’abbaye qui proviendrait des reliques des combattants tués lors de cette bataille (l'abbaye est dénommée en latin Abbatia de reliquiis dans des Chartes anciennes). Jusqu'au XIXe siècle, on voyait encore au village du Mengleuz une pierre plate schisteuse appelée Men Be Conomore : la pierre tombale de Conomor (aujourd'hui cette dernière serait enfouie à proximité de l'abbaye). Traditionnellement, les Cisterciens s'installaient dans des lieux à l'écart de la fréquentation des hommes.

L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq

Ces moines défricheurs s’adonnent à la prière, à l’étude, mais accordent aussi une grande importance au travail manuel et agricole comme dans tous les monastères qui suivent la règle de saint Benoît restaurée par Bernard de Clairvaux. La règle de l'abbaye, édictée en 1134, précise, conformément à la tradition cistercienne: "La nourriture des moines de notre ordre doit provenir du travail manuel de la culture des terres, de l'élevage du bétail. On y prie aussi au "ronron des prières (...) qui s'épandait de Plounéour à Commana et parfois venant de la Montagne par les jours de neige qui poudraient de blancheur le Roc'h Trevezel, le hurlement des loups affamés".

L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq

À partir de la fin du XVe siècle, des abbés commendataires sont désignés, d'abord par le duc de Bretagne puis par le roi de France: la plupart sont non-résidents (entre 1487 et 1526), Guillaume Lespervier, puis Pierre de Kerléau, préfèrent habiter à l'abbaye de Bégard « abbaye plus riche et d'accès plus facile que le Relec bâti au milieu de l'âpre solitude des montagnes d'Arrée », certains ne viendront même jamais dans leur abbaye, ne s'intéressant qu'aux bénéfices qu'elle leur procure, comme Louis d'Acigné (voir Maison d'Acigné) entre 1526 et 1541. En 1542, après la mort de Louis d'Acigné, les moines s'empressent d'élire pour abbé l'un d'entre eux, Guillaume Le Roux, issu d'une famille de notables de la région de Morlaix, mais le roi Henri II, sous l'influence de Catherine de Médicis, nomme un abbé d'origine italienne, André de Torsolis, issu d'une riche famille de Florence ; un procès s'ensuit, opposant alors les deux abbés rivaux, que les juges de la juridiction de Carhaix-Landeleau-Huelgoat tranchent, argent aidant, en 1543 en faveur d'André de Torsolis.

L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq

En 1498, l’abbaye reçoit de la Duchesse Anne de Bretagne le droit de posséder quatre poteaux de justice. Malgré de nombreux privilèges financiers et économiques obtenus au fil des siècles, particulièrement des ducs de Bretagne, l’abbaye entre en déclin à partir du XVIe siècle, subissant des pillages à répétition lors des Guerres de religion (France), particulièrement en 1598 où elle est pillée par une troupe de brigands dirigée par La Fontenelle. Malgré des restaurations partielles aux XVIIe et XVIIIe siècles grâce à René de Rieux, père-abbé de 1600 à 1651 ou encore à Jean-Baptiste Moreau, prieur de 1680 à 1715, elle tombe partiellement en ruines. L'abbaye du Relec verra sa situation se dégrader nettement dès le premier quart du XVIIIe siècle, si bien que la Révolution française ne trouve plus guère au Relec que quatre moines, cinq chevaux et vingt et une bêtes à cornes sous la férule de Dom Claude-François Verguet.

L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq

Dom Claude-François Verguet, né à Champlitte en Franche-Comté en 1744 et décédé à Montarlot (Haute-Saône) en 1814, fut le dernier prieur de l'abbaye du Relec (le dernier abbé commendataire, Du Vivier de Lanzac, mort en 1784, n'eut pas de successeur) dans la décennie 1780, juste avant la Révolution française. En avril 1789, le clergé du diocèse du Léon, cédant aux conseils de leur évêque, Monseigneur De La Marche, ne nomma aucun député aux États généraux, mais changea d'avis en septembre et élut alors deux députés à l'Assemblée constituante : l'abbé Expilly et le prieur de l'abbaye du Relec, Dom Verguet. Il prêta serment de fidélité à la Constitution civile du clergé en janvier 1791 et devint par la suite vicaire épiscopal de l'évêque constitutionnel de Langres, puis curé constitutionnel de Montarlot et Bonaparte le nomma en 1800 sous-préfet de Lure, mais resta en poste peu de temps.

L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq

C'est à cette époque que les bâtiments de l'abbaye furent vendus. L’église abbatiale est partiellement sans toit. Elle devient une étable pendant la Révolution, puis est lentement et partiellement restaurée dans le cours des XIXe et XXe siècles mais sans jamais abriter à nouveau de communauté religieuse.

L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq

On venait des trois anciens évêchés de Léon, de Cornouaille et de Tréguier pour faire le tour de l’autel de Notre-Dame-du-Relecq et recueillir l’eau des trois fontaines, souveraines, disait-on, contre les coliques et les hernies (voir plus haut)… Malgré les outrages du temps et les vicissitudes de l'histoire, l'abbaye a conservé un pardon très fréquenté. Cet extrait d'un hebdomadaire publié en 1911 en témoigne: .../...

L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq

« C’est par milliers qu’on est accouru du Léon, du Tréguier et de la Cornouaille, sous la direction des prêtres des paroisses. (...) Les vêpres sont chantées avec un merveilleux entrain par les hommes et par les femmes. Voici la procession. On ne peut imaginer rien de plus grandiose et de plus gracieux à la fois. Un ruban de plus d’un kilomètre, ou peu s’en faut. Il y a là 12 ou 15 paroisses qui défilent. Solides gars, modestes et pimpantes jeunes filles, (...) s’avançent en brillantes théories, croix en tête, bannières claquant à la brise toute chargé du parfum des blés mûrs et des bruyères en fleur. » - Le Courrier du Finistère

L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq

Le dimanche 17 août 1941, jour du pardon des jeunes, sept adolescents montèrent sur l'étang du Relecq imprudemment à bord d'une barque prévue pour deux ou trois personnes. Six d'entre eux, qui étaient originaires du Cloître-Saint-Thégonnec, se noyèrent.

De nos jours encore, le pardon de Notre-Dame-du-Relecq, toujours très fréquenté, est célébré chaque 15 août au rythme des musiques celtiques.

L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq

L'église abbatiale demeure un bel exemple de l'architecture romane du XIIe siècle en dépit des nombreux remaniements qu'elle a connu depuis : percement de baies dans le mur nord du transept et dans les chapelles latérales au XIIIe siècle, reconstruction du mur sud du transept et des deux travées inférieures de la nef aux XVe et XVIe siècles, nouvelle façade ouest (façade principale) en 1785.

L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq

Classée monument historique depuis le 27 mars 1914, l’abbaye subsiste partiellement : une vaste église d'architecture romane en cours de restauration contient un retable du XVIIe siècle (son existence est attestée en 1680), qui contient une belle Vierge à l'Enfant qui lui est antérieure de trois siècles probablement, est un bel exemple d'art baroque breton. Il est inscrit à l'inventaire des monuments historiques et a été restauré par les Compagnons du Devoir. Un escalier à balustres en granite, qui menait au dortoir des moines, est aussi à remarquer. Les restes d’un cloître, deux étangs, une fontaine monumentale et d’anciens jardins entourés de profondes douves, une chaussée bordée de grands arbres témoignent encore aujourd’hui de la présence des moines cisterciens pendant six siècles. Les bâtiments conventuels restent en ruine.

L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq

L'abbaye est désormais propriété du Conseil général du Finistère. L'association « Abbati ar Releg » œuvre pour la restauration et l'animation de l'abbaye, en organisant des concerts, des expositions et désormais un "marché de Noël des abbayes"

L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
L'Abbatiale, Monument historique du Relecq
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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 18:24

Celtes ou Gaulois, les deux termes sont équivalents si l'on en croit Jules César qui précise en effet, dans la Guerre des Gaules que ceux que les Romains appellent Gaulois s'appellent « Celtes » dans leur propre langue. Quels peuples habitaient le pays que l'on appelle la Gaule avant l'arrivée des Celtes ? Nous ne le savons d'abord que par les œuvres qu'ils nous ont laissées : menhirs, cromlech, dolmen, entre le IVe et IIe millénaire. La Gaule (ou les Gaules), en latin Gallia, est le nom donné par les Romains à l'occupation d'un territoire où habitaient des populations celtes (Gaulois, Belges), germaniques et aquitaines. Le nom de « Gaule » subsiste jusqu'à l'époque carolingienne où il est remplacé par l'ethnonyme « Francia ». Si l'histoire des peuples celtes est aussi difficile à connaître, c'est que leur origine remonte à la préhistoire, c'est-à-dire avant l'utilisation de l'écriture. Il faut remonter loin pour expliquer l'origine des Celtes. Il y a 4 ou 5 mille ans, des masses conquérantes quittent une région du nord de l'Eurasie.

Le "Pont gaulois" de Kervon à Crozon.
Le "Pont gaulois" de Kervon à Crozon.

D'où viennent les Bretons ? Combien étaient-ils à leur arrivée en Armorique ? Pourquoi et comment sont-ils arrivés en Armorique ? Une part de mythe demeure sur ce qui a été indiscutablement l'un des plus importants mouvements d'immigration en Europe au cours du premier millénaire. Un mouvement original et pacifique, qui s'est étalé dans le temps, sur des siècles.

Le "Pont gaulois" de Kervon à Crozon.

Allons tout d'abord à la source. Installés dans les îles britanniques à la veille des premières grandes migrations en Armorique, les Bretons descendaient eux-mêmes de tribus celtes continentales, selon toute vraisemblance installées dans l'actuelle Belgique. Mais si l'on veut remonter encore plus loin, il est également fort vraisemblable que ces mêmes tribus celtes provenaient d'un triangle allant du sud de l'Allemagne à la Suisse en passant par l'Autriche : c'est là que se situait le noyau primitif même des Celtes (civilisations de Hallstatt et civilisation de la Tène), eux-mêmes descendants de l'une des branches indo-européennes... D'Asie, donc.

Le "Pont gaulois" de Kervon à Crozon.

S'agissant de l'Armorique, celle-ci était essentiellement peuplée avant l'arrivée des Bretons de tribus gauloises, telles les Osismes, les Coriosolites ou encore les Vénètes. Plus ou moins romanisées, ces peuplades celtes avaient elles-mêmes développé des liens commerciaux ou guerriers avec les îles britanniques : après la révolte et la défaite des Vénètes en 56 av. J.C, des Armoricains s'embarquèrent en effet vers l'île de Bretagne. L'arrivée des premiers Bretons. Contrairement à une idée reçue, l'arrivée des premiers Bretons en Armorique, à la fin du IVe et au Ve siècle, dut beaucoup aux Romains, qui recoururent aux Bretons afin de protéger le littoral nord de l'Armorique et donc de défendre les côtes de l'Empire romain contre les pillards saxons et peut-être irlandais.

Le "Pont gaulois" de Kervon à Crozon.
Le "Pont gaulois" de Kervon à Crozon.

Ce flux d'immigration, contrôlé, encadré, préfigura un autre mouvement d'une toute autre ampleur, qui se produisit entre les Ve et VIIe siècle. Ce mouvement dut davantage, dans un premier temps, aux menaces d'invasion des Pictes de Calédonie (actuelle Ecosse) et des Scots d'Irlande qu'à celles des Angles et des Saxons.

Le "Pont gaulois" de Kervon à Crozon.
Le "Pont gaulois" de Kervon à Crozon.

A côté d'un gué dallé traversant la rivière de Kerloc'h et par où passait une antique voie qui côtoie des villae gallo-romaines, des témoignages gaulois et mégalithiques, un pont a été ré-aménagé (peut-être sur une ancienne passerelle) à la fin du XIXe siècle en réutilisant des pierres mégalithiques provenant d'un dolmen de Poulmic. Il s'agit de deux dalles, l'une de quartzite, l'autre de schiste présentant quatre à six cupules. C'est donc, actuellement, un ensemble composite, mais d'un intérêt réel, et imposant de sérieux devoirs de préservation. Le mégalithisme de Crozon date de 3000 av. J.C (J. Mornand), la période gallo-romaine des quatre premiers siècles de notre ère.

Le "Pont gaulois" de Kervon à Crozon.

Sur la route D63 qui se rend de Tal ar Groas à Lanvéoc, on peut voir sur la gauche un panneau vert où est écrite l'inscription "Pont Gaulois". Le promeneur curieux emprunte alors une route en direction de Kervon et découvre, 800 mètres plus tard, juste avant le hameau de Kervon, un pont de pierre qui enjambe incomplètement le Ruisseau de Kerloc'h. Ce ruisseau long d'une vingtaine de kilomètres prend sa modeste source sur les hauteurs de l'Anse de Poulmic, près de la cote 57, pour s'écouler selon un cap plein Ouest vers l'étang puis le village de Kerloc'h ["le village du loc'h", de l’étang] avant de rejoindre la mer au nord de l'Anse de Dinan. " Rappelons au sujet du gué de Kervon qu'il a été doublé à la fin du XIXe siècle d'un pont dont les dalles, l'une à cupules, ont été prélevées au dolmen de Poulmic aujourd'hui disparu." Il ne s’agit donc nullement d'un pont gaulois, mais il mérite notre intérêt pour les pierres mégalithiques à cupules provenant du dolmen de Poulmic à Saint-Efflez.

Le "Pont gaulois" de Kervon à Crozon.
Le "Pont gaulois" de Kervon à Crozon.

Le mystère des cupules mégalithiques : Parfaitement incompétent en matière de pré- ou de protohistoire, je me souvenais pourtant qu'un panneau m'avait signalé la présence de telles cupules sur une pierre de seuil de l'enclos paroissial de Sainte-Marie du Menez-Hom en Presqu'île de Crozon témoignant d'un réemploi de matériel mégalithique; il convenait cette fois-ci d'approfondir sans scrupules mes connaissances, ou, plutôt, de mesurer la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur du nuage d'inconnaissance qui couvrent pudiquement ces cupules : les savants sont, du moins, unanimes pour déclarer que ces entonnoirs sphériques de 3 à 5 centimètres ne sont pas des phénomènes naturels, mais que c'est l'artifice de l'homme qui les creusa, il y a très longtemps. Elles accompagnent parfois d'autres entailles, en forme d'empreintes de pieds, ou des motifs géométriques comme des losanges, des spirales, des stries. Parfois elles sont reliées en haltère. Ce serait, disent les uns, des "pièges rituels d'ombre et de lumière" celle-ci miroitant grâce aux reflets de l'eau de pluie qui ne peut manquer de s'y accumuler. Ces jeux d'eaux et de lumière accompagneraient les défunts vers des jours meilleurs.

Le "Pont gaulois" de Kervon à Crozon.
Le "Pont gaulois" de Kervon à Crozon.

Le "Pont gaulois" de Kervon à Crozon (29), un pont de pierre qui enjambe incomplètement le Ruisseau de Kerloc'h. Le gué de Kervon a été doublé à la fin du XIXe siècle d'un pont dont les dalles, l'une à cupules, ont été prélevées au dolmen de Poulmic aujourd'hui disparu. Une celtitude, il ne s’agit nullement d'un pont gaulois, mais il mérite notre intérêt pour les pierres mégalithiques à cupules provenant du dolmen de Poulmic à Saint-Efflez.

Le "Pont gaulois" de Kervon à Crozon.
Le "Pont gaulois" de Kervon à Crozon.
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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 17:45

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Selon la légende, le château, fort ancien, aurait appartenu au Ve siècle à un seigneur nommé Élorn (éponyme du fleuve côtier), puis se serait appelé Hainebon, selon les Chroniques de Froissart.

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L´histoire du château de la Roche-Maurice est liée à celle des comtes de Léon. Lors du démantèlement du comté de Léon en 1180, la branche cadette de la famille de Léon obtient les territoires de Daoulas, Landerneau et Landivisiau jusqu´à Penzé et parvient à se maintenir autour de son fief de la Roche-Maurice pendant 8 générations.

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Implantée sur un rocher dominant la vallée de l'Élorn, la forteresse occupait une position centrale qui permettait à ses seigneurs de diriger l’ensemble de leurs fiefs et plus particulièrement l’importante châtellenie de Landerneau riche de trente paroisses et trèves. Les seigneurs de La Roche-Maurice disposaient des droits de haute justice, moyenne justice et basse justice . La Roche-Maurice fut également, jusqu’au XVe siècle, le siège de la juridiction de Sizun - Ploudiry.

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Le château, alors Roc'h-Morvan (car il aurait été construit, face au Léon, par un seigneur de Cornouaille dénommé Morvan), est pris par les Anglais en 1177 ; ils y placent une garnison jusqu'à ce que Geoffroy II Plantagenêt, duc de Bretagne de 1181 à 1186, restitue une partie du Léon aux fils de Guyomarch IV de Léon. Le donjon, d'environ 13 mètres de côté, pourrait avoir été élevé par Guyomarch V de Léon, héritier en 1179 de la vicomté de Léon, et vivant jusque dans les années 1210.

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Il est probablement partiellement détruit vers 1240 lorsque Hervé III (seigneur de Léon) tente de s'opposer à l'avancée du duc de Bretagne Jean Ier Le Roux, mais continue à être aux mains de la famille de Léon jusqu'au décès d'Hervé VIII de Léon en 1363, qui meurt sans héritier. La seigneurie de Léon échoit à sa sœur, Jeanne, épouse de Jean Ier de Rohan. La seigneurie dépend donc de la maison de Rohan. Pendant 150 ans, en attendant de devenir vicomtes de Rohan, les fils ainés de Rohan s´installent jusqu'en 1517 dans le château de La Roche-Maurice sous le titre de seigneurs de Léon.

RIMGP4329--7-.JPGRIMGP4329--19-.JPG  « Alors que le premier texte mentionnant le château date de 1263, les études de terrain ont montré que le site était déjà occupé et fortifié vers le XIe siècle. À cette époque il y avait vraisemblablement un donjon en bois. Sur les trois hectares du site on trouve le donjon construit sur le rocher, protégé au nord et au nord-est par un escarpement rocheux. En contre-bas, au sud et à l´ouest, les fouilles ont montré la présence d´un habitat. Deux enceintes entouraient le tout, une enceinte haute autour du donjon et une enceinte basse de forme ovale.

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L´entrée du château était à l´est, protégée par un grand fossé. On accédait au logis seigneurial par la porterie, découverte en 2006 à la fin de la campagne de fouilles. C´est un système de protection très complexe qui date peut-être des années 1260-1280 et qu´on ne retrouve nulle part ailleurs sauf en partie à Trémazan et à Joyeuse-Garde. On a une succession de six portes en chicanes. Les portes sont barrées à l´avant et à l´arrière. Juste derrière la porterie, le donjon carré protégeait le logis seigneurial situé au nord. Il était le symbole de la puissance seigneuriale. Dans le donjon, la cheminée dénote le XIIe siècle, voire le XIIIe siècle. Elle a un foyer semi-circulaire et une hotte conique. Dans le mur large de 2m50, un escalier à rampe permet d'accéder aux étages. La tour pouvait avoir plusieurs étages à l´origine. Le logis seigneurial était adossé au donjon côté ouest. Il a été reconstruit au XIVe siècle avec deux niveaux. Deux grandes cheminées sont adossées, celle de la cuisine et celle de la grande salle. »

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En juin 1342, pendant la Guerre de succession de Bretagne, Charles de Blois tente de se rendre maître du château occupé par Jeanne de Flandre, épouse de Jean de Montfort (c'est l'arrivée de navires transportant 6000 archers, commandés par Gautier de Mauny, qui mettra Charles de Blois en fuite). Le 15 janvier 1358, Raoul de Cahors s'engage à « travailler à ramener sous l'autorité du roy les châteaux de Henbont (ancien nom de La Roche-Maurice encore usité) et de Brest ».

RIMGP4329--34-.JPGRIMGP4329--38--copie-1.JPG  En 1472, le duc de Bretagne François II dépossède, pour un temps, les Rohan au profit de son écuyer Louis de Rosnyvinen, mais François II de Rohan en reprend rapidement le contrôle, nommant Guillaume de Kersauson capitaine du château le 16 février 1479. Le château de La Roche-Maurice est alors « l'unique forteresse de la seigneurie de Léon en état de défense ».

RIMGP4329--35-.JPGRIMGP4329--44-.JPG En 1489, à la suite de la Guerre franco-bretonne (1489-1491) menée par le vicomte Jean II de Rohan, qui prétend hériter du duché de Bretagne du fait de son ascendance et de sa femme Marie de Bretagne contre le roi de France Charles VIII, le château de La Roche-Maurice est démantelé. Les Rohan ne s´intéressent plus vraiment au château de la Roche-Maurice et se contentent d´un entretien minimum de façon à pouvoir continuer de percevoir le droit de guet qui est versé par tous les habitants. Vers 1580, lors des guerres de la Ligue, les Rohan prennent la tête du parti protestant en Bretagne. Le château est sans doute définitivement détruit à cette époque. Il ne sera jamais reconstruit.

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En 1678, la forteresse fut transformée en geôle, et conserva ce rôle jusqu'en 1694. En 1695, un document remis au roi révèle le mauvais état des châteaux de La Roche-Maurice et de Joyeuse-Garde (à La Forest-Landerneau). Aux XVIIIe et XIXe siècles, le château sert de carrière, et bien des maisons du bourg et peut-être l’église actuelle furent construites avec ces pierres.

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Le château est resté la propriété de la famille de Rohan jusqu´à son acquisition en 1986 par le Conseil général du Finistère. De 2001 à 2010, des fouilles archéologiques ont été menées sous la direction de l'archéologue Josselin Martineau, seul un dixième du site a été fouillé.

RIMGP4329 (65)RIMGP4329--68-.JPG Flaubert a visité le château de La Roche-Maurice, qu'il décrit ainsi : « Le château de La Roche-Maurice était un vrai morceau de burgrave, un nid de vautour au sommet d'un mont. On y monte par une pente presque à pic, le long de laquelle, de place en place, des blocs de maçonnerie éboulés servent de marches. tout en haut, par un pan de mur fait de quartiers plats posés l'un sur l'autre, et où se tiennent encore de larges arcs de fenêtres, on voit la campagne des bois, des champs, la rivière qui coule vers la mer, le ruban blanc de la route qui s'allonge, les montagnes dentelant leurs crêtes inégales et la grande prairie qui les sépare en se répandant au milieu. Un fragment d'escalier mène à une tour démantelée. Çà et là, les pierres sortent d'entre les herbes, et la roche se montre entre les pierres. (…). C'était dans ces parages que vivait le fameux dragon tué jadis par le chevalier Derrien qui s'en revenait de Terre Sainte. Il se mit à l'attaquer dès qu'il eut, il est vrai, retiré de l'eau l'infortuné Élorn. »

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Le château est depuis longtemps visité par les touristes comme l'illustre ce texte de 1889 : « La Roche-Maurice était autrefois une place très forte, et le séjour ordinaire des vicomtes de Léon. Le château, aujourd'hui en ruines, était sur le sommet d'une roche extrêmement élevée, et d'un abord très difficile. Cet endroit est un des plus jolis paysages qui soient en Bretagne. »

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Ouvert désormais à la visite, le château offre un parcours sécurisé parsemé de panneaux d'interprétation (phases de construction, reconstitution de scènes de la vie quotidienne). L'histoire du château de La Roche-Maurice restera toutefois à jamais mal connue en raison de la destruction de la majeure partie du chartrier de la Maison de Rohan, connu aussi sous le nom de « Chartrier de Blain » en 1793 lors de la Terreur, en dépit du résultat des dernières fouilles.

RIMGP4329--93-.JPGRIMGP4329--97-.JPG    Bonne viste, DIDIER-LE-BRESTOIS

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 14:59
Le 8 avril 2012, j'ai assisté avec mon épouse et un couple d'amis à la messe pascale en l'église de l'abbaye de St-GWENOLE à Landévennec.
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La statue de Saint Guénolé, en bois polychrome du XVème siècle, le représente en habits sacerdotaux, un livre fermé dans la main droite, un bâton pastoral dans la gauche.
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On retrouve ici les thèmes habituels aux représentations bretonnes du saint fondateur de Landévennec.
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"- Contempler la vie des hommes qui ont choisi fidèlement le Christ est un nouveau stimulant à rechercher la Cité à venir, et, en même temps nous apprenons à connaître le chemin très sûr par lequel il nous sera possible de parvenir à l'union parfaite avec le Christ, c'est-à-dire la Sainteté."
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"- Dans la vie de nos compagnons d'humanité plus parfaitement transformés à l'image du Christ, Dieu manifeste aux hommes dans une vive lumière sa présence et son visage." (Concile Vatican II - Constitution dogmatique sur l'Eglise, n°50)
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(Concile Vatican II est le IIème concile oecuménique du Vatican qui était le 21ème concile oecuménique de l'Eglise catholique, ouvert par le pape Jean XXIII le 11 octobre 1962 et clos sous le pontificat de Paul VI le 8 décembre 1965.)
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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 15:00

Rappel:   la Ligue, ou la Sainte Ligue ou Sainte Union est un mouvement religieux et politique qui regroupe les catholiques français de 1576 à 1594, lors des guerres de Religion. Elle eut pour principal animateur Henri Ier, duc de Guise. Son assassinat à Blois (1588) déclencha la rébellion ouverte contre Henri III. Le meurtre d'Henri III (1589) divisa la Ligue, mais Paris n'accepta Henri IV qu'en 1594, après avoir abjuré le protestantisme.

La population entière de Bretagne va combattre pour sa foi et pour le duc de Mercoeur contre le roi. Des brigands tels le sieur de la Fontenelle vont ravager le pays. En province, les derniers chefs de la Ligue se soumettent en 1598.

 

Le 14 mai 1610, Henri IV est assassiné par Ravaillac. Son fils, Louis XIII, 9 ans, lui succède. Le reine mère, Marie de Médicis (1573 - 1610/1624 - 1642) devient régente du royaume. (Curieusement, c'est à la veille de sa mort qu'Henri IV se décide enfin à confier la régence du royaume à sa femme Marie de Médicis et à la faire couronner reine de France (en 1610)).

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1598-1632: à la suite des guerres de la Ligue, la peste sévit épisodiquement en Bretagne.

 

L'Allemagne se déchire; un conflit entre princes protestants et catholiques dégénère en guerre politique à laquelle s'associent le Danemark, la Suède, l'Autriche, l'Espagne et la France. La "Guerre de trente ans" (1618-1648) ruine l'Allemagne qui perd un tiers de sa population.  

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 Henri III

Le gouverneur de Bretagne, César de Vendôme participe aux conspirations. Il finit par être arrêté le 18 février 1614.

La Bretagne reste fidèle, refusant une nouvelle aventure. Le 19 août 1614, le jeune roi et la reine mère assistent à la réunion des Etats de Bretagne à Nantes.

Puis la reine réunit les Etats Généraux du royaume de France à Paris du 26 octobre 1614 au 24 mars 1615... pour la dernière fois avant 1789 !

La noblesse aime beaucoup à se battre en duel: 4.000 morts en 20 ans ! Les Bretons ne sont pas en reste, à tel point qu'ils ont donné le nom de "bretteur" qui désigne celui "qui aime se battre à l'épée".

Le 11 juillet 1626, lorsque Louis XIII revient avec la reine mère assister aux Etats de Bretagne, les députés découvrent un souverain nouveau.

De ces années de luttes, émerge le cardinal de Richelieu (1585 - 1608/1642), ministre tout-puissant depuis 1624.Les protestants se soumettent (Edit de grâce d'Ales - 1629). Les conspirations et les rébellions sont réprimées. La France intervient en Allemagne en 1635. "Croquants" et "Va-nu-pieds" révoltés (1616-1637) sont sévèrement matés.

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RICHELIEU

La France n'a pas de marine et le déplore. Richelieu déclare: "de la puissance de la mer dépend l'abaissement de l'Angleterre, de l'Allemagne, la ruine de Huguenots. La Bretagne contient les plus beaux ports qui soient en France. Leur nombre  et leur commodité la rendent plus propres qu'aucune autre à commercer". Richelieu se fait nommer le 16 septembre 1631 gouverneur de Bretagne. Il n'y viendra jamais mais s'y fait représenter par ses cousins bretons, sûrs et dévoués, La Meilleuraye, lieutenant général et Cambout, lieutenant de basse-Bretagne.

Les frégates se construisent mieux en Bretagne qu'en tout autre lieu de France parce que les ouvriers et les bois y sont meilleurs.

La "Couronne" est construite à la Roche-Bernard en 1638 (40 m - 1087 Tx - 72 canons - 638 hommes).

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La COURONNE

 

Enfant-chéri du cardinal, Brest devient le grand port de guerre de l'Atlantique.

Dès 1636, il en sort une escadre de 16 vaisseaux armés de 374 canons.

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Prototype des grands hommes d'Etat, Richelieu a su  ménager Bretagne et Bretons dont il avait besoin tout en augmentant les impôts.

Il meurt en 1642, à 57 ans. Louis XIII le suit de peu, le 14 mai 1643, à 43 ans.

Economie, politique, culture, religion au XVIIème siècle.

Après les terribles guerres de la Ligue, le commerce extérieur breton reprend et prospère. Vers 1660, un tiers des navires et des marins du royaume sont bretons.

Brest, port de guerre, se développe rapidement: des dizaines de vaisseaux, parfois très sophistiqués, y sont lancés.

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Du commerce avec les Indes, naît "La Compagnie des Indes" en 1664. Et en 1666, un port, avec ses chantiers est créé pour elle, la ville en gardera le nom: "L'Orient".

Le trafic avec les Antilles prend son essor à partir de 1680. Il profite surtout à Nantes.

Les cartographes du Conquet sont connus.

Le Breton, "roulier" des mers, se heurte à la concurrence anglaise et hollandaise, aux états protectionnistes mais s'adapte et le commerce intérieur breton fournit une importante activité de cabotage.

Au mois de mai, les morutiers sont à Terre-Neuve. A elle seule, Saint-Malô  arme 80 navires, armés par 4.000 marins.

La sardine est pêchée par milliers de tonnes, séchée ou salée, pressée, exportée en Espagne ou au Portugal.

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 12:34

Anne, reine de France.

Charles VIII prend directement et personnellement en main l'administration du duché. Le roi reconnaît leurs droits aux Bretons et leurs franchises, les impôts sont consentis par les Etats. Le Parlement reste détenteur de l'appel suprême, modère les impôts, crée des foires, favorise l'économie. Le roi enlève Saint-Malô et supprime la chancellerie de Bretagne. Anne, écartée des affaires donne naissance à quatre enfants qui ne survivent pas. Langeais-mariage-charles-VIII.jpg

Le 4 avril 1498, à 11 heures du soir, le roi qui a heurté du front une porte basse meurt. La nuit même la reine rétablit la chancellerie en son duché et nomme à sa tête Philippe de MONTAUBAN.

Charles VIII: 1470-1483/1498. Anne fut son épouse de décembre 1491 à avril 1498 (6 ans et demi). Anne a été mariée à Charles VIII de ses 14 ans à ses 20 ans et demi.

La situation se retourne: Anne recouvre l'intégralité de ses droits sur le duché.

Le nouveau roi, LOUIS XII (1462-1498/1515) lui est familier, c'était Louis d'Orléans qui combattait en 1488 au premier rang de l'armée bretonne.

Après avoir fait annuler son mariage avec Jeanne de France du 17 décembre 1498, et fait accepter les conditions d'Anne, LOUIS XII épouse Anne le 8  janvier 1499 à Nantes.

La duchesse-reine veut préserver l'autonomie du duché: celui-ci ira à leur deuxième fils, ou à leur fille, et non pas à l'aîné qui réunirait royaume et duché sous une seule couronne. Le roi Louis XII promet de respecter les droits, franchises et coutumes de Bretagne. Louis-xii-roi-de-france.jpg

Intelligente, cultivée, très pieuse, la reine s'entoure d'une cour nombreuse, influe sur la politique, encourage les arts et les historiens bretons. Elle veille de près sur sa chère Bretagne où elle effectue un voyage triomphal du 8 juillet à la fin septembre 1505. Le duché a renoué avec la prospérité économique.

Les Bretons participent aux guerres de la France en Italie et contre l'Angleterre. Le 10 août 1512, la flotte bretonne sort de BREST pour affronter les navires anglais. Le combat et la glorieuse défaite du navire-amiral breton "La Cordelière" commandé par Hervé de Portmoguer "PRIMAUGUET" enthousiasme les contemporains.

Anne et Louis XII ont quatre enfants; deux filles vivent: Claude et Renée.

Anne doit céder à marier sa fille Claude, héritière du duché de Bretagne à l'héritier du royaume de France.

Anne, reine de France, duchesse de Bretagne, meurt le 9 janvier 1514, à Blois, à 10 heures, à l'âge de 37 ans. Ses funérailles sont grandioses. Pour la première fois en France, les funérailles sont noires, "à la mode de Bretagne".

La reine est inhumée dans la basilique Saint-Denis. La duchesse a demandé que son coeur repose à Nantes. (reliquaire au musée Dobrée).

Le 18 mai, Claude, fille aînée d'Anne épouse, à 15 ans, François, comte d'Angoulême, 19 ans, à qui revient l'administration du duché le 28 juin 1515.

Luis XII, ci-contre, se remarie à Marie d'Angleterre, soeur d'Henri VIII qui fait lma paix avec la France. Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 1515, il meurt sans "héritier mâle".

Son cousin, François d'Angoulême, devient donc roi de France (1494-1515/1547).

Claude qui n'a pas le caractère de sa mère fait à son époux "donation définitive du duché".

François 1° reprend les guerres de ses deux prédécesseurs. La Bretagne souffre des raids anglais. Le 3 juillet 1522, une flotte anglaise débarquée prend Morlaix par surprise, pille la ville et l'incendie. Les habitants se rallient, poursuivent leurs agresseurs, en tuent sept cents: "S'ils te mordent, mords-les".

La reine Claude meurt le 20 juillet 1424 après avoir eu sept enfants. Polémique: elle a cédé des droits qu'elle n'avait pas, seuls les Etats de Bretagne peuvent modifier le contrat de mariage entre Anne et louis XII.

Les Etats ont reconnu le dauphin François, fils aîné de Claude, comme héritier du duché. Le dauphin a juré fidélité au roi, mais en tant qu'administrateur des biens de son fils, donc administrateur usufructuaire du duché, le roi ne doit pas oublier que le duché est principauté distincte du royaume.

Pour l'union définitive, il faut le consentement des Etats de Bretagneet les esprits n'y sont pas encore disposés.

Le roi est habilement conseillé par le président du parlement, Louis des Déserts. Il sait faire couler l'or à flots pour acheter les consciences vascillantes! La Bretagne est une terre de frontière qui a été et sera pillée par le Français ou l'Anglais et déchirée elle-même entre divers partis. L'union avec la France amènera la paix... et mieux vaut l'union sous conditions qu'annexion pure et simple. Les opinions fléchissent au fil des années. L'assurance de la paix l'emporte sur tout autre argument. Au début d'août 1532, les Etats de Bretagne se réunissent à VANNES. Les discussions sont vives, jusqu'au bout. Finalement une majorité se rallie à un texte sans vote. le 6 août 1532, la "requête d'union" est présentée au roi qui séjourne en Bretagne pour contrôler les évènements.

Le 13 août 1532, François 1° publie alors à Nantes l'Edit d'Union perpétuelle".

"François, par la grâce de dieu, roy de France, usufructuaire des pays et duché de Bretagne, père et administrateur des biens de notre aimé fils le dauphin."

Le traité déclare l'union perpétuelle entre les deux nations:

  *  les impôts ne pourront être levés qu'avec le consentement des Etats.

  *  la justice est maintenue dans ses formes et coutumes.

  *  les bénéfices écclésiastiques ne pourront aller qu'à des Bretons.

"Et avec ce, confirmons tous les autres privilèges dont la Bretagne a jouissance immémoriale jusqu'à présent".

L'énumération de l'édit n'est donc pas limitative.

François III, fils aîné de Claude de Bretagne et de François 1° est couronné, selon la tradition, à Rennes, le 13 août 1532, duc de Bretagne, dans les formes traditionnelles. Il meurt à 18 ans le 10 août 1536. 

Son frère Henri II, lorsqu'il devient roi (1519-1547/1559), ne relève pas le titre. La Bretagne n'est plus "duché" mais "provincce" du royaume: provincia, vincere, "vaincre".

"LA BRETAGNE EST PERDUE POUR LA FRANCE" écrit-on alors. Va-t-elle conserver son essor économique? Jalouse de ses droits, la Bretagne sera contestataire, rebelle, autonome, révolutionnaire.

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 17:22

Jan-Hus-au-bucher---1415.jpgLes alentours de l'An 1400 sont riches en événements de toutes sortes et marquent indubitablement un tournant de grande importance dans l'évolution de la société occidentale. C'est à peu près le milieu de ce qu'on appelle la guerre de Cent ans, laquelle a bouleversé passablement les données psychologiques et morales des populations qui l'ont subie à leur corps défendant, puisqu'il s'agissait avant tout de querelles dynastiques concernant les grands de ce monde et non pas le menu peuple. Celui-ci se moque éperdument d'être français, anglais ou breton. Il veut vivre en paix, mais il ne le peut pas.

La guerre n'explique pas tout. Il y a eu la Peste Noire (1347-1352), et le contact avec la mort a considérablement atteint les mentalités. L'Eglise chrétienne, déchirée par le Schisme d'Avignon (1378-1417), provoqué par le roi de France Philippe Le Bel (1285-1314) n'en finit plus de ravager les consciences.

Le règne de Philippe le Bel est marqué par ses différends avec le pape Boniface VIII, dont le point central est le droit que s'attribue Philippe Le Bel d'imposer - taxer - les biens de l'Eglise situés dans son royaume, la France.

 

De plus, en certaines régions, la doctrine officielle et les usages de l'Eglise institutionnelle sont mis en doute, voire franchement combattus. C'est l'époque où, en Bohême, Jan Hus, réformateur religieux tchèque alerte les foules sur les perversités du Christianisme et propose des réformes essentielles. Les opinions de Jan Hus seront évidemment rejetées et lui-même périra, comme hérétique, sur un bûcher, en 1415. Mais c'est un avertissement.

Désormais, la papauté, arrogante bien que décadente, ne sait plus à quels saints se vouer. Le trafic des indulgences, qui sera dénoncé plus tard non seulement par Luther mais par bien d'autres théologiens de bonne foi, les doutes, les incertitudes et les controverses divisent la Chrétienté, par ailleurs menacée par l'avance des Turcs musulmans, et sont les premières manifestations de révolte qui conduiront à la Réforme du XVI° siècle.

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Qui est qui, dans tout ce mélange? Qui a tort et qui a raison? Le système féodal lui-même, pourtant solidement construit, s'effondre peu à peu, même si l'on tient à en conserver les apparences. L'esprit chevaleresque n'est plus qu'un vague souvenir qui fait rêver les lecteurs des Chansons de Geste ou des Romans de la Table Ronde remis au goût du jour dans les versions édulcorées. La chevalerie française est morte en fait à Crécy en août 1346 (aube de la Guerre de Cent Ans où les deux plus grandes monarchies d'Europe vont se disputer le trône de France durant un interminable conflit à forts rebondissements et multiples trêves), et elle ne l'a même pas compris puisqu'elle mourra une deuxième fois, et définitivement, à Azincourt (Artois) en octobre1415. On n'en est plus aux combats loyaux de chevaliers fiers de leurs convictions ou de leurs engagements vis-à-vis d'un seigneur  à qui ils ont juré fidélité et service. Les guerres se font par mercenaires interposés, des hommes d'armes de métier, et qu'il faut bien se résoudre à payer, d'où la nécessité de trouver de l'argent, pour ceux qui décident de s'attaquer à leurs voisins ou à leurs concurrents.

Aux XIV° et XV° siècles, il serait absurde de parler d'un "patriotisme" breton. Dans aucun pays d'Europe, cette notion n'existe et, malgré une certaine tentative réussie au temps de Jeanne d'Arc (1412-1431), il faudra attendre la Révolution française (1789) pour qu'elle devienne un puissant moteur d'unification et, aussi malheureusement, d'agressivité. Cette époque qui entoure l'an 1400 laisse entrevoir la montée de ce qu'on peut appeler les nationalismes, c'est-à-dire de la prise de conscience de l'appartenance à une communauté liée par des intérêts aussi bien culturels qu'économiques.

 

En 1400, tous les Bretons sont persuadés de la réalité historique de Konan. "De l'anonyme de Saint-Brieuc à Bouchart (Le Chronicon Briocense est un ouvrage anonyme, mais probablement écrit par Hervé Le Grant, secrétaire de Jean IV, entre 1389 et 1416. Alain Brochart, secrétaire du duc François II, compose les Grandes Chroniques de Bretagne vers la fin du XV° siècle.), tous les historiens encouragent la fierté du peuple breton en lui rappelant ses glorieuses origines qui en font l'égal de son voisin français. L'origine troyenne apporte même une solution commode pour la langue bretonne. Bouchart, comme d'autres historiens, n'écrit-il pas: "Le langage breton est le vrai et ancien langage de Troie comme je l'ai lu en aucunes histoires". Au début du XIX°, on ira encoe plus loin, et les "celtomanes", comme le fameux La Tour d'Auvergne ou encore le linguiste Le Brigant, n'hésiteront pas à affirmer que "le breton était la langue parlée au Paradis Terrestre."

Le coup d'envoi de cette campagne de propagande nationaliste - et nttement anti-française - est certainement le Livre du bon Jehan, duc de Bretagne, écrit vers 1400 par Guillaume de Saint-André, l'un des conseillers les plus influents de Jean IV, donc contemporain des évènements qui ont marqué la fin du XIV°siècle. Il décrit les Bretons et les Français de cette époque comme deux peuples tout à fait différents. Pour lui, les Français méprisent les Bretons, voudraient les asservir, ou mieux encore, les massacrer afin de repeupler le duché avec des immigrants venus du reste du royaume. La Bretagne  perdrait alors son nom et deviendrait "la Confisquée". On voit que la tentative d'annexion opérée par Charles V n'avait pas été oubliée, ni pardonnée. De toute façon, pour Guillaume de Saint-André, les Français sont un peuple servile, dominé par un roi qui est un tyran, tandis que la Bretagne est le pays de la liberté par excellence.

 

En 1470, l'historiographe d'Anne de Bretagne écrit: "En ce temps-là, s'élabore peu à peu un ensemble de textes visant à façonner un sentiment national breton. Historiens et chroniqueurs sont à la pointe de ce mouvement, dotant le duché d'un passé prestigieux, remontant à Brutus et au Troyen Enée. L'initiative de ces récits vient du milieu des conseillers ducaux, sinon ducs eux-mêmes, et s'accompagne de la fabrication de fausses chartes révélatrices. Tous les moyens sont Rennes-Portes_Mordelaises-XVemeS.jpg employés pour répandre cette idée. Le cérémonial du couronnement ducal est élaboré à l'imitation de celui des rois. Il se déroule à Rennes, suivant un rite symboliquecomplexe au cours duquel le duc revêt le manteau des rois de Bretagne, reçoit l'épée nue, la bannière du duché, la couronne ducale, de plus en plus ornée, et promet de respecter les libertés fondamentales du pays.", ce qui affirme que le souverain breton, autrefois un roi, n'a pas perdu ses privilèges royaux en devenant duc.

La cérémonie d'intronisation réhausse singulièrement le prestige de celui qu'on déclare solennellement duc de Bretagne. D'après un texte de 1485, une telle intronisation ne peut que se dérouler à Rennes, "en laquelle nos prédécesseurs et nous avons pris et prenons les insignes de notre principauté".

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 13:14

La Bretagne devenue anglaise appelle la France à la rescousse: résumons les deux articles précédents: Henri II, époux d'Aliénor d'Aquitaine, est le prince le plus puissant d'Europe. Après son intronisation très officielle à Rennes en 1166, les Anglais vont gouverner la Bretagne pendant environ trente-cinq ans, l'incluant dans l'empire des Plantagenêts. Tout d'abord au nom du fils, car Henri II a imposé le futur mariage (qui aura lieu quinze ans plus tard) de son fils Geoffroy, alors âgé de huit ans, avec Constance, la fille de Conan IV et de Marguerite d'Ecosse, déjà quatre ans! Par la suite, successivement duc et duchesse, les deux enfants, puis le jeune Arthur (fils de Constance), vont peu à peu s'affranchir de la tutelle anglo-angevine, après de violents échanges avec Hebri II, Richard Coeur de Lion et Jean sans Terre, et se rapprocher des Capétiens.

Ballottée entre l'Angleterre et la France, au gré des alliances, fiançailles et mariages, rébellions et affrontements, destitutions et traités, la Bretagne résiste tant bien que mal. Le roi de France, Philippe-Auguste parvient en 1213 à imposer le Capétien Pierre de Dreux, dit Mauclerc,  en le mariant à la princesse Alix, demi-soeur d'Arthur et héritière du duché de Bretagne, après avoir rompu l'alliance promise avec un prince breton de la maison de Penthièvre. Cet étranger, volontaire dans l'action et fidèle au duché aura le mérite d'en rétablir la stabilité. C'est le début d'une nouvelle longue lignée de ducs pacifistes et administrateurs, qui assureront la prospérité de la Bretagne.

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Nous entrons dans la période de la fin du Moyen-âge, étant admis que cette période du Moyen-Age est comprise entre 500 et 1500 de notre ère. Nous allons passer en revue rapide les règnes des cinq ducs qui se sont succédé à la tête du duché de Bretagne de 1213 à 1341 (durée moyenne du règne: 25,6 années).

La Bretagne est toujours un enjeu stratégique entre l'Angleterre et la France.

Pierre de Dreux, (Capétien) né en 1187, est duc de 1213 à 1237 (24 années). Il est surnommé "Mauclerc" (mauvais clerc) car il avait commencé des études religieuses mais avait préféré le métier des armes. Le duc Pierre Mauclerc est un parfait chevalier de son temps. Il essaye d'instaurer un pouvoir absolu, échoue mais trace le chemin pour son fils Jean 1er le Roux.

Pierre Mauclerc a laissé son empreinte à jamais dans l'histoire de la Bretagne. Les chevaliers avaient l'habitude de peindre leurs boucliers pour se reconnaître: ce sont les "armes" très variées. Celles du duc Mauclerc comportaient des "hermines" qui deviendront les armes du duché et subsistent dans l'actuel drapeau "gwenn ha du". En héraldique, les hermines sont le souvenir des vêtements de fourrure.Jean_Ier_le_Roux.png 

                                                                                        Jean 1er le Roux

 

Jean 1er Le Roux (1217-1237/1286) a le règne le plus long de l'histoire de la Bretagne: un demi-siècle sans grands éclats, mais solide et constructeur. A l'opposé de son père, Jean Le Roux poursuit les mêmes buts avec des moyens différents: peu de guerres mais beaucoup d'or, de procès, d'administration pour agrandir son domaine. Jean Le Roux poursuit et instensifie même l'oeuvre de fortification de ses villes et de ses châteaux. En politique extérieure, Jean 1er évite tout heurt définitif. S'il sert fidèlement son suzerain Louis IX en guerre avec l'Angleterre, il le fait sans zèle. En 1270, accompagné de son fils Jean, le duc participe à la dernière croisade menée par Saint-Louis. Elle échoue et le roi meurt devant Tunis, le 25 août. Preuve de son habileté, Jean 1er a marié en 1259 son fils aîné Jean à Béatrix, fille d'Henri III d'Angleterre, dans la basilique Saint-Denis, à Paris. Et Béatrix apporte en dot le comté de Richemond, si convoité des ducs.

10 août 1240: lors d'une cour plénière à Ploërmel, Jean le Roux dut, à contre-coeur et sur demande unanime des membres de l'assemblée, accepter l'exclusion de tous les Juifs du territoire breton, décision qui arrange bien les affaires de certains vassaux criblés de dettes et donc clients des usuriers juifs. Mais partout en Europe, l'antisémitisme - en principe pour des raisons religieuses, en réalité pour de sordides calculs financiers - se développe: au même moment le saint roi de France Louis IX invente l'infamante rouelle jaune, et bientôt Philippe le Bel expulsera lui aussi les Juifs de France après avoir confisqué tous leurs biens.   

Pendant ce temps:

1209: début de la croisade contre les Albigeois (cathares), croisade qui durera jusqu'en 1213.

En France, Philippe II (capétien) dit Philippe-Auguste (1165-1180/1223) règne puis Louis VIII (capétien) dit Louis le Lion (1187-1223/1226), suivi de Louis IX (capétien) dit Saint-Louis (1214-1226/1270) et de Philippe III (capétien) dit Philippe Le Hardi (1245-1270/1285).                                                               Henry_III_of_England.jpgHenri III

Les rois en Angleterre sont:  Jean sans Terre (Plantagenêt), roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine (1166-1199/1216) règne, suivi de Henri III (Plantagenêt) et duc d'Aquitaine (1207-1216/1272) suivi d'Edouard 1° (Plantagenêt) et duc d'Aquitaine (1239-1272/1307).

 

Jean II (1239-1286/1305) a guerroyé en Palestine dans sa jeunesse. Sa politique est pacifique même s'il doit se battre à l'extérieur. La puissance du duc n'est plus contestée ni contestable. Le duché se fortifie, le commerce est actif, la paix se prolonge, les comptes du duché sont excédentaires.

En 1294, la guerre éclate entre la France et l'Angleterre. La situation de Jean II devient délicate, car normalement il devrait aider le roi de France, mais il tient à garder le comté de Richemond. Il se décide alors à prendre le parti du roi d'Angleterre, qui est son beau-père. Mais à la suite des ravages commis par les troupes anglaises et galloises danns le Léon, il abandonne cette alliance et se retourne vers Philippe le Bel auquel il rend de signalés services dans sa campagne contre les Anglo-Flamands. Et, en récompense, Philippe le Bel reconnaît à la Bretagne le titre de duché-pairie. C'est en fait un titre purement honorifique, mais qui permet au roi de France de s'immiscer sournoisement dans les affaires intérieures de la Bretagne. Il n'a pas abandonné l'ambition de Capétiens de s'approprier le duché. Pour ce faire, il envoie en Bretagne des agents secrets chargés de travailler l'opinion et d'inféoder les membres influents du clergé à la politique française. En 1295, ses agents viennent même percevoir les taxes que le pape lui a permis de lever sur le clergé du royaume, ce qui suscite, à Tréguier, la résistance de l'habile avocat des pauvres, Yves Hélori, le célèbre Sant Erwan qui sera plus tard canonisé, en 1347.

Cependant, Jean II, qui était allé en Avignon assister au couronnement du pape Clément V, en 1305, y trouva la mort dans des circonstances tragiques. Le roi de France, Philippe le Bel, ses deux frères et le duc de Bretagne se relaient pour tenir la bride de la monture du souverain pontife. Or, en passant près d'un vieux mur sur lequel étaient massés de nombreux spectateurs, ce mur s'écroula juste sur eux. Le roi de France fut blessé, le pape renversé et sa tiare endommagée, et le duc resta pris sous les décombres, d'où il fut retiré tout mutilé. Il mourut quatre jours après.

C'est son fils Arthur qui lui succède.

Arthur II (1262-1305/1312) a un règne très court mais qui va se révéler lourd de conséquences. Le 27 juin 1309, Arthur obtient du pape Clément V un abaissement important des droits de mariage et sur l'héritage perçus par l'église. Ainsi se trouvent réglée la querelle commencée sous Mauclerc. Arthur se marie deux fois, en 1275 avec Marie de Limoges qui lui a donné entre autres Jean en 1286, futur duc, Marie de Limoges meurt en 1291. En Arthur épouse Yolande de Dreux qui lui donne Jean de Montfort. Les demi-frères se détestent.

Jean III, né en 1286, règne de 1312 à 1341. Il consolide le domaine ducal: il possède 28 villes contre 21 aux barons et 6 aux évêques. Rien d'extraordinaire ne se passe sous son règne si ce n'est sa haine pour Yolande de Dreux qui le pousse à supprimer tout ce qui est "Dreux" sur le blason de Bretagne qui se retrouve "d'hermine plein". Le duc combat vaillamment aux côtés du roi de France, sans se brouiller avec l'Angleterre. Malgré ses trois mariages, le duc Jean III n'a pas d'enfants. Pressé jusque sur son lit de mort (1341), Jean III refuse de choisir un héritier.

Qui doit régner en Bretagne? A défaut du droit, c'est la guerre qui va trancher!

Qui doit régner en France? A défaut d'accord entre Anglais et Français: c'est la Guerre de Cent ans!

Qui survivra? D'autant que l'Europe affronte la pire épreuve de son histoire: la peste et ses millions de morts!

Pendant ce temps:

En France, Philippe IV, dit Philippe le Bel (capétien) (1268-1285/1314) règne, puis Louis X, dit Louis le Hutin (querelleur) (capétien) (1289-1314/1316). Entre Louis X et Philippe V, il y a eu Jean 1° dit Jean la Posthume (capétien) (1316-1316 - roi pendant 5 jours). Succèdent à Jean 1°, Philippe V, dit Philippe le Long (capétien) (1292-1316/1322), Charles IV (dernier capétien) (1294-1322/1328) puis Philippe VI dit Philippe de Valois (Valois) (1293-1328/1350).

Les rois en Angleterre sont: Edouard II (Plantagenêt) et duc d'Aquitaine (1284-1307/1327: abdiqué) puis Edouard III (Plantagenêt) et duc d'Aquitaine (1313-1327/1377).

Dans la prochaine page d'histoire de la Bretagne, j'évoquerai Saint-Yves, les Plantagenêts, la peste de 1347 à 1351 en Europe et la Guerre de Cent Ans.

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Published by Didier GEBETE - dans histoire de la Bretagne
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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 09:16

après avoir évoqué sur mon autre blog (gebete29.wordpress.com) la préhistoire (8 000 ans av. J.-C.: l'Armorique et 1 800 à 600 av. J.-C.: à l'âge du bronze) puis l'Antiquité (500 av. J.-C.: les Celtes; 57 av. J.-C.: les Romains; V° siècle: arrivée des Bretons et 400 à 938, naissance de la Bretagne) je vous propose ici la suite de cette remontée chronologique de l'Histoire de la Bretagne. Le Moyen-Age avec deux périodes: 1 - de 938 à 1 213: la Bretagne ducale; 2 - de 1 341 à 1442: Guerre de succession.

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Nous allons voire la société féodale, la paysannerie et la religion en Bretagne entre 900 et 1100.

LA SOCIETE FEODALE

La guerre de succession est caractéristique du nouveau système socio-économique qui s'installe en Europe: la féodalité. L'Europe ravagée a perdu ses circuits économiques et le grand commerce maritime. Le déclin des villes s'est accenté. La possession de la terre, seule source de puissance, détermine le rang. Au sens de l'Etat succède le lien d'homme à homme.... à l'homme libre-combattant des Gaulois, des Romains, des Germains, se substitue le guerrier de profession.

A l'origine, le roi héréditaire, l'emprereur confie l'armée à un "duc", dux (chef) en latin, la direction d'une marche frontalière à un marquis, des biens (fiefs) ou chrge à ses compagnons, les comtes. Au-dessous sont les barons (du francique baro, guerrier). Puis vient la multitude des guerriers plus ou moins "nobles". On devient noble par naissance, le combat ou... la richesse. Tout repose sur l'engagement réciproque d'homme  à homme: le serment de fidélité, "l'hommage". Le vassal s'engage à le servir, fidèlement. A son tour, il donne des biens à des vassaux, les vavasseurs.Motte-feodale.JPG

Au sommet de la pyramide, le roi n'est que le seigneur des seigneurs: son autorité est parfois contestée par des vasseaux plus puissants que lui.

La puisance du seigneur s'exprime par la motte féodale: un simple donjon de bois au sommet d'une motte artificielle qui peut avoir 18 à 35 mètres de haut. Chaque vassal est en principe libre dans son fief. La puissance du seigneur dépend du revenu de ses terres. Il en exploite directement une partie, la "réserve", et loue le reste sous forme de "tenures". Seules les plus riches peuvent, ou ont le droit, de se fortifier. La plupart des nobles vivent comme des paysans aisés.

L'église vit avec son temps. Les évêchés sont considérés, convoités même par la haute noblesse. Ainsi, Thiabaut, fils de prêtre, est évêque de Rennes en 990... il épouse la fille de l'archidiacre de Nantes. Leur fils Gautier succède à son père... Ces abus, depuis toujours condamnés par les conciles, se retrouvent dans toute l'Europe et persisteront plusieurs siècles.

La société "moyenâgeuse" d'ordres s'instaure. Il y a ceux qui prient pour le salut des âmes: les oratores, ceux qui combattent pour défendre les vies: les bellatores et ceux qui travaillent pour nourrir l'ensemble: les laboratores.

LA PAYSANNERIE

"Manant" (Manère): celui qui demeure attaché à un lieu. "Vilain": du latin "villae", qui a donné "village". La lande sert pour la litière et la nourriture des bêtes, pour faire du feu... la forêt fait frontières avec les voisins. Les fils apprennent de leur père à cultiver les blés, le seigle et l'orge et à élever des boeufs, des vaches, des chèvres, des moutons... Les grains ont peu de rendement et le mauvais temps provoque la famine. Les paysans construisent leurs maisons en bois et en torchis. Ils se marient jeunes et meurent à l'âge de 30-35 ans! Ils ont beaucoup d'enfants car peu arrivent à l'âge adulte. Les potagers fournissent les légumes mais aussi les plantes médicinales pour se soigner. L'hiver, les bêtes sont rentrées dans la maison, leur vie est la survie des êtres humains. Ils mangent des bouillies de céréales et des soupes, c'est moins cher que le pain. Les contes, les légendes, les chants et les mythes se transmettent en veillées au coin du feu.

LA RELIGION

La Bretagne compte des dizaines d'abbayes et des centaines de prieurés. Les destructions faites par les Normands sont réparées. Les ducs et les comtes encouragent ces efforts pour leur salut, mais aussi parce que les moine mettent les terres en valeur. Si l'ordre est rétabli dans le clergé régulier (religieux) tout reste à faire pour le clergé séculier (prêtres). Les église appartiennent à des particuliers laïcs. Nombre de prêtres sont régulièrement mariés et ont des enfants. Déçus par ces moeurs, beaucoup se font ermites et se réfugient au fond des forêts. Le plus célèbre, Robert d'Arbrissel (v. 1 047-1 117), fonde l'abbaye double de Fontrevrault, près de Saumur. Certains basculent dans l'hérésie.

A Rome, de nouveaux papes entreprennent de réformer l'Eglise. A cette fin, Léon IX (1 002-1 049/1 054) envoie à Nantes l'évêque Arard. Ce dernier exige que les revenus de l'église, les dîmes, les offrandes possédées par toutes sortes de gens soient restituées intégralementaux prêtres de l'église. Le pape Grégoire VII (v.1 015-1 073/1 085) donne une nouvelle impulsion à la réforme des moeurs.

C'est gâce à de riches présents faits au duc Alain III que l'évêque de Dol, Juthaël s'est glissé dans le bercail du Christ. Sur le siège épiscopal, il célèbre publiquement ses noces et de son union, il aura des filles. Il les a mariées et dotées avec des terres et des rentes volées à l'église. Après 35 ans d'"épiscopat-racket", en 1 075, Juthaël est chassé par les Dolois. Il se réfugie en Normandie d'où il revient piller son ex-évêché, avant de disparaître définitivement.

Les moines, solidement formés, sont appelés par les évêques et les barons pour remplacer les prêtres indignes.

LES DUCS DE 1 008 à 1 084

Comme tous les féodaux de l'époque, chaque duc de Bretagne retrouve et affront les mêmes problèmes: les paysans se révoltent parcequ'ils sont trop pressurés, le servage finit par être supprimé.

Alain III (997-1 008/1 040): il a 11 ans à la mort de son père Geoffroy, sa mère Havoise assure la régence.

Conan II (1 040-1 040/1 066): il a 3 mois... son oncle Eudes de Cornouaille gouverne. En 1 047, Conan devient duc à Rennes, mais doit ensuite lutter contre son oncle.

Les nobles se soulèvent contre l'empris ducale grandissante, les guerres privées se multiplient avec leurs lots de malheurs.

L'administration du duché est très exigenate: le duc voyage et sa cour l'accompagne; professeurs, musiciens, jongleurs, médecins, échansons (vin), panetiers (pain), chambellans (intendants) et barons vassaux, qui doivent le service de guerre et le service de cour sont tous entretenus par le duc.

Conan II meurt en assiégeant Château-Gontier en décembre 2 066.

Hoël (1 027-1 066/1 084): comte de Cornouaille et de Nantes, a épousé la soeur de Conan qui lui apporte Rennes et Vannes.

1 066: Nombreux sont les Bretons à accompagner en Angleterre le duc de Normandie, Guillaume le Bâtard devenu Guillaume le Conquérant après la bataille victorieuse d'Hastings, et c'est ainsi que le riche comté de Richemend finit par échoir au duc de Bretagne Conan IV (un comté qui lui rapporte presque autant que son duché!)

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