L'Europe n'est pas l'Amérique où la croissance est sous perfusion de la banque centrale depuis six ans. À Francfort, Super Mario tente de s'émanciper mais il reste contraint par Berlin, Bruxelles et les dissensions de l'Europe qui vient de voter. Le monde, il faut le savoir, ne manque pas de capitaux. Il en regorge. Et, comme en 2007, cette surabondance dans un univers sans inflation favorise l'épargne et la spéculation au détriment de l'investissement et la demande. Pas d'emplois, pas de pouvoir d'achat, pas de dépenses productives, des déficits à foison et un système bancaire recroquevillé sur ses ratios prudentiels et une gestion des risques à la petite semaine : les racines du mal sont connues. Et la planche à billets de la BCE ne peut servir à elle seule de planche de salut.