Longtemps surnommé Culbuto pour sa capacité à se relever en toutes circonstances, François Hollande a donc choisi de miser sur la réforme territoriale pour se remettre en selle. Au vu des premières réactions à sa nouvelle carte de France, le pari est loin d’être gagné. Et la situation pourrait rapidement devenir incontrôlable. Car, deux ans après son arrivée à l’Élysée, le chef de l’État apparaît comme un survivant, dont le sort ne tient qu’à un fil. Plusieurs fois, le coup est passé près. Souvenez-vous de la bombe Cahuzac, désamorcée d’extrême justesse. Ou de la fronde contre l’écotaxe, stoppée in extremis, alors que la situation devenait quasi-insurrectionnelle. Le président profite, pour l’instant, de la solidité de nos institutions. Mais après les claques monumentales reçues aux municipales et aux européennes, il y a quelque chose de suicidaire à jouer son va-tout sur un sujet qui va inévitablement cristalliser les mécontentements. Un échec sur le front institutionnel consacrerait, en effet, l’impuissance du chef de l’État, donnant un peu plus de munitions à ceux qui appellent à sa démission. Des détracteurs qui ont, forcément, en tête que le général de Gaulle lui-même a chuté sur la régionalisation.