Zemmour du vendredi. Laurent Bazin : « On pensait en avoir terminé avec la réforme pénale et la fameuse contrainte pénale censée se substituer à certaines peines de prison, ça a été voté en tout cas à l’Assemblée, mais c’était compter sans le Sénat qui a mis clairement la barre à gauche. »
Éric Zemmour : « Le Sénat était naguère appelé la chambre haute, une assemblée de sages, des notables confortablement assis dans leurs larges fauteuils rouges, un brin conservateurs et provinciaux mais raisonnables et modérés. Ce temps-là est révolu. La majorité sénatoriale a débordé Christiane Taubira sur sa gauche à la grande joie secrète de cette dernière. La contrainte pénale, donc, était une possibilité offerte au juge, elle devient obligatoire, même pour les récidivistes, en tout cas pour les délits qui touchent aux biens. Pour le hold-up d’une banque ou d’un bijoutier, on ne risquera plus la prison. C’est le côté anticapitaliste de nos sénateurs de gauche : la propriété, c’est le vol, voler les voleurs n’est pas un vol. La droite au pouvoir reprochait aux juges d’être trop laxistes et voulait les insérer dans un corset de peines automatiques comme les peines plancher. La gauche, elle, soupçonne les juges d’être trop sévères et veut les contraindre au laxisme. Tous les malfrats, trafiquants, voleurs pourront revenir plastronner dans leurs quartiers, arborant fièrement leurs bracelets électroniques à la cheville qui ne les empêchera ni de menacer de représailles leurs victimes ni de continuer leurs trafics. Plus belle la vie grâce au Sénat ! »