13 août 2014 (in Le Télégramme) : « Rappelle-toi, Barbara il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là ». À n’en pas douter, ces quelques vers sont les plus connus de la poésie française du XXe siècle. Un message laissé à la postérité par Jacques Prévert, en 1946, dans son recueil « Paroles ». Il y dénonçait les horreurs de la guerre et des bombardements alliés qui défigurèrent Brest, en 1944. Barbara. Brest défigurée par les bombes. « Oh Barbara Quelle connerie la guerre. » « Barbara », à l’origine, est un poème qui raconte l’histoire d’un couple menacé par la guerre et les bombardements. Antimilitariste, Jacques Prévert y dénonce la guerre et son cortège de malheurs. « Cette pluie de feu, de fer, d’acier, de sang ». En 1948, Joseph Bédé met ces vers en musique. Ils seront chantés par Yves Montand. Puis par Serge Reggiani, Mouloudji et les Frères Jacques qui affectionnent particulièrement l’univers poétique de Prévert. Le Brest des années 60 n’a plus rien à voir avec la ville des années 40. Le poète en a conscience et a la dent dure avec les reconstructeurs. « La rue de Siam qui était une rue chaude, dans tous les sens du terme, est un grand boulevard glacé. C’est désagréable. La guerre abîme les villes, les tord, les brûle. Les urbanistes ensuite viennent. C’est un autre travail ».