« Votre Europe sera celle de la libre association de tous ses peuples et de la mise en commun des multiples richesses de sa diversité. » Les mots de Jean-Paul II, premier pape à se rendre au Parlement de Strasbourg, sont emplis d’enthousiasme pour le projet européen. Mais c’est en 1988 : l’Europe compte alors douze états membres. Le mur de Berlin n’est pas encore réduit en caillasse. La liberté de l’ouest faisait rêver le pape polonais qui appelait de ses vœux une réunification possible et la libération du « poumon oriental » de l’Europe. C’était il y a un quart de siècle.
Aujourd’hui, l’Union européenne compte vingt-huit nations, plus de 500 millions de ressortissants. L’Europe est aussi caractérisée par une économie en panne, une poussée des particularismes, des nationalismes et des euroscepticismes. Premier pape non européen de l’histoire, François s’adresse au continent tout entier avant même de visiter les grandes nations qui ont fait l’histoire de l’Eglise. Mais les chiffres sont là : le centre de gravité du catholicisme se trouve désormais dans l’hémisphère sud. Creuset du christianisme, la vieille Europe a pourtant encore quelque chose à dire, à vivre.