C’est fait, la dette de la France a passé, cet été, la barre symbolique des 2.000 milliards. À 2.023 milliards, ce record absolu porte à plus de 95 % le ratio entre la dette et la production intérieure brute (PIB). À ce train, le pays s’approche d’un autre symbole, celui des 100 %. De 2002 à 2012, la dette a doublé de 930 à 1.860 milliards, dont 600 milliards sous le quinquennat Sarkozy. La crise a eu un effet d’accélérateur. Et l’aggravation de 30 points de PIB du ratio n’est d’ailleurs pas une spécificité française. Elle a atteint 50 points au Royaume-Uni, 60 points en Espagne... Mais la crise n’explique pas tout. Sur la durée, l’addiction
à la dette est patente : aucun budget en équilibre depuis plus de trente ans ! La France est entrée dans la crise, lestée d’un déséquilibre imputable à Jospin au début des années 2000 et aux réductions d’impôts sous Sarkozy (loi Tepa) en 2007. L’action volontariste de l’ex-ministre Thierry Breton, en 2005-2007, avait bien permis d’effacer le déficit structurel. Mais elle a été vite abandonnée. Or, le redressement est affaire de constance politique.