Ces derniers jours, le CSA, l’autorité chargée de contrôler l’audiovisuel, a rudement interpellé radios et chaînes d’information en continu pour avoir, lors des prises d’otage à Paris, balancé sans précaution aucune des nouvelles approximatives et susceptibles d’alerter les criminels. A quoi les interpellés, arc-boutés sur la liberté d’expression, ont invoqué les grands principes.
Tout le monde a tort, à ce jeu-là. Il est vrai que les chaînes qui font du direct leur produit d’appel déversent tout et n’importe quoi ; que, pour tenir l’antenne sans répit et susciter l’émotion du téléspectateur, elles n’ont guère le temps voire le souci de vérifier ce qu’elles balancent. Cette logorrhée se nourrit d’elle-même, et les présentateurs sont plus perroquets que journalistes. Mais le CSA n’a-t-il pas lui-même autorisé, et encouragé la concurrence, en France, de ces monstres qui nous dévorent ?