Prise de court, la communauté internationale a réagi de manière brouillonne et, pour le moment du moins, inefficace. Dénier à cette entité la qualité d’État ainsi que son appartenance à l’islam ne résout rien. Il semble paradoxal que les États en lutte contre le terrorisme islamiste soient surpris par cette entreprise. Agissant à l’échelle mondiale, comme Al Qaida et Daesh, ou localement, comme les taliban afghans et pakistanais, le Groupe islamique armé algérien des années 1990 ou Al Qaida au Maghreb islamique, son avatar contemporain, les shabab somaliens ou les Nigérians de Boko Haram, les radicaux de l’islam ambitionnent tous de conquérir un territoire sur lequel exercer le pouvoir. Les événements en cours en Irak et en Syrie offrent l’occasion d’examiner le projet et la stratégie des refondateurs du califat.