Pénible est le lamento des déficits et de l’endettement. Sans discontinuer, la Cour des Comptes met le doigt sur ce que son premier Président, Didier Migaud, appelle une fois encore le poison lent de la dette. Comme on s’en doutait, le déficit public de la France (État, collectivités territoriales, sécurité sociale) dépassera sans doute 4 % du PIB. Autant dire que la stratégie même de redressement des finances publiques prévue par le gouvernement pour 2015/2017 a de bonnes chances de voler en éclats. La Cour rappelle inlassablement que notre dette publique dépassera 2.000 milliards d’euros en fin d’année. Que notre niveau d’endettement est désormais supérieur à la moyenne européenne. Pis, elle estime peu crédible le pacte de responsabilité à 50 milliards d’euros d’économies du gouvernement. 30 milliards posent question car elles sont du ressort d’administrations dont l’État ne maîtrise pas les dépenses. Quant aux onze milliards qui incombent aux collectivités locales d’ici à 2017… À l’heure même où Manuel Valls défend son collectif budgétaire critiqué à gauche, les moindres recettes fiscales qui découlent de l’atonie économique plombent la crédibilité de l’action de son gouvernement. Droit dans ses bottes, le Premier ministre jure qu’il ne cédera sur le fond ni aux cheminots ni aux intermittents. Il faut l’espérer. S’il s’avérait incapable de mener à bien ces deux réformettes, comment imaginer qu’il puisse réussir les réformes, les vraies. On songe évidemment au pacte de responsabilité qui laisse d’ores et déjà perplexes les Sages de la Cour des Comptes. Chaussée glissante. Henry Lauret.