Ma petite fille Manon a eu six ans le 14 avril 2012, au Gué à St-Malö.
Ma petite fille Manon a eu six ans le 14 avril 2012, au Gué à St-Malö.
je raconte ma vie de grand adulte retiré des affaires et chaque semaine il se passe quelque chose, des informations sur le fonctionnement de l'Union européenne, des randonnées et balades en Bretagne, des manifestations extraordinaires, des évènements aussi originaux que des matchs de Ligue 1, miss France brestoise, et des lieux de légendes bretonnes
Ma petite fille Manon a eu six ans le 14 avril 2012, au Gué à St-Malö.
Ma petite fille Manon a eu six ans le 14 avril 2012, au Gué à St-Malö.
traversée d'un ruisseau se jettant dans le Camfrout.
traversée d'un ruisseau se jettant dans le Camfrout.
Rappel: la Ligue, ou la Sainte Ligue ou Sainte Union est un mouvement religieux et politique qui regroupe les catholiques français de 1576 à 1594, lors des guerres de Religion. Elle eut pour principal animateur Henri Ier, duc de Guise. Son assassinat à Blois (1588) déclencha la rébellion ouverte contre Henri III. Le meurtre d'Henri III (1589) divisa la Ligue, mais Paris n'accepta Henri IV qu'en 1594, après avoir abjuré le protestantisme.
La population entière de Bretagne va combattre pour sa foi et pour le duc de Mercoeur contre le roi. Des brigands tels le sieur de la Fontenelle vont ravager le pays. En province, les derniers chefs de la Ligue se soumettent en 1598.
Le 14 mai 1610, Henri IV est assassiné par Ravaillac. Son fils, Louis XIII, 9 ans, lui succède. Le reine mère, Marie de Médicis (1573 - 1610/1624 - 1642) devient régente du royaume. (Curieusement, c'est à la veille de sa mort qu'Henri IV se décide enfin à confier la régence du royaume à sa femme Marie de Médicis et à la faire couronner reine de France (en 1610)).
1598-1632: à la suite des guerres de la Ligue, la peste sévit épisodiquement en Bretagne.
L'Allemagne se déchire; un conflit entre princes protestants et catholiques dégénère en guerre politique à laquelle s'associent le Danemark, la Suède, l'Autriche, l'Espagne et la France. La "Guerre de trente ans" (1618-1648) ruine l'Allemagne qui perd un tiers de sa population.
Henri III
Le gouverneur de Bretagne, César de Vendôme participe aux conspirations. Il finit par être arrêté le 18 février 1614.
La Bretagne reste fidèle, refusant une nouvelle aventure. Le 19 août 1614, le jeune roi et la reine mère assistent à la réunion des Etats de Bretagne à Nantes.
Puis la reine réunit les Etats Généraux du royaume de France à Paris du 26 octobre 1614 au 24 mars 1615... pour la dernière fois avant 1789 !
La noblesse aime beaucoup à se battre en duel: 4.000 morts en 20 ans ! Les Bretons ne sont pas en reste, à tel point qu'ils ont donné le nom de "bretteur" qui désigne celui "qui aime se battre à l'épée".
Le 11 juillet 1626, lorsque Louis XIII revient avec la reine mère assister aux Etats de Bretagne, les députés découvrent un souverain nouveau.
De ces années de luttes, émerge le cardinal de Richelieu (1585 - 1608/1642), ministre tout-puissant depuis 1624.Les protestants se soumettent (Edit de grâce d'Ales - 1629). Les conspirations et les rébellions sont réprimées. La France intervient en Allemagne en 1635. "Croquants" et "Va-nu-pieds" révoltés (1616-1637) sont sévèrement matés.
RICHELIEU
La France n'a pas de marine et le déplore. Richelieu déclare: "de la puissance de la mer dépend l'abaissement de l'Angleterre, de l'Allemagne, la ruine de Huguenots. La Bretagne contient les plus beaux ports qui soient en France. Leur nombre et leur commodité la rendent plus propres qu'aucune autre à commercer". Richelieu se fait nommer le 16 septembre 1631 gouverneur de Bretagne. Il n'y viendra jamais mais s'y fait représenter par ses cousins bretons, sûrs et dévoués, La Meilleuraye, lieutenant général et Cambout, lieutenant de basse-Bretagne.
Les frégates se construisent mieux en Bretagne qu'en tout autre lieu de France parce que les ouvriers et les bois y sont meilleurs.
La "Couronne" est construite à la Roche-Bernard en 1638 (40 m - 1087 Tx - 72 canons - 638 hommes).
La COURONNE
Enfant-chéri du cardinal, Brest devient le grand port de guerre de l'Atlantique.
Dès 1636, il en sort une escadre de 16 vaisseaux armés de 374 canons.
Prototype des grands hommes d'Etat, Richelieu a su ménager Bretagne et Bretons dont il avait besoin tout en augmentant les impôts.
Il meurt en 1642, à 57 ans. Louis XIII le suit de peu, le 14 mai 1643, à 43 ans.
Economie, politique, culture, religion au XVIIème siècle.
Après les terribles guerres de la Ligue, le commerce extérieur breton reprend et prospère. Vers 1660, un tiers des navires et des marins du royaume sont bretons.
Brest, port de guerre, se développe rapidement: des dizaines de vaisseaux, parfois très sophistiqués, y sont lancés.
Du commerce avec les Indes, naît "La Compagnie des Indes" en 1664. Et en 1666, un port, avec ses chantiers est créé pour elle, la ville en gardera le nom: "L'Orient".
Le trafic avec les Antilles prend son essor à partir de 1680. Il profite surtout à Nantes.
Les cartographes du Conquet sont connus.
Le Breton, "roulier" des mers, se heurte à la concurrence anglaise et hollandaise, aux états protectionnistes mais s'adapte et le commerce intérieur breton fournit une importante activité de cabotage.
Au mois de mai, les morutiers sont à Terre-Neuve. A elle seule, Saint-Malô arme 80 navires, armés par 4.000 marins.
La sardine est pêchée par milliers de tonnes, séchée ou salée, pressée, exportée en Espagne ou au Portugal.
Après avoir posté les images de la première partie de la randonnée du 28 mars 2012 ( http://gebete29.wordpress.com/2012/04/01/une-rando-le-long-du-littoral-de-la-rade-de-brest/ )
voici la seconde partie de cette randonnée ensoleillée et intéressante sur le plan culturel et connaisance de la Rade de Brest.
Les paysages de la commune de l'Hôpital-Camfrout ont été beaucoup peints par Eugène Boudin (vers 1870), Normand qui épousa une Hanvecoise.
Une des croyances populaires de l'Hôpital-Camfrout: "Si, trouvant un lézard, vous lui coupez la queue et la ramassez dans votre poche, c'est chance pour vous!"
L'église Notre-Dame de Bonne Nouvelle: a été commencée en 1490, où elle n'était qu'une chapelle de la paroisse de Hanvec.
En 1821, elle devint église paroissiale.
La façade occidentale, entièrement en pierre de Kersanton, de style Renaissance, et remarquable par la qualité et la finesse de ses sculptures.
KERASCOET: hameau dépendant de l'Hôpital-Camfrout, port situé plus en aval sur la rive gauche du Camfrout.
Ce port concentre l'essentiel de l'activité maritime de la commune.
L'ancienne léproserie du XVIII ème siècle, en amont du village est située près d'anciennes carrières de pierre de Kersanton.
C'est désormais un port de plaisance.
Il est le port d'attache de deux vieux gréements, la gabare Notre-Dame de Rumengol et le coquillier Bergère de Domrémy.
Notre-Dame de Rumengol: dundee à l'équipage de 3 marins, de 57 tonneaux, sa voilure: 200 m² son tirant d'eau: 2,20 m et ses longueurs: 21,70 m et 18,77 m.
Du nom d'un célèbre sanctuaire marial sur la commune du Faou, c'est une gabare (transport de fret) gréée en dundee.
Classée "monument historique" depuis 1991.
Le dernier bateau du même nom: fin août 1924, une barque de pèlerins, le Notre-Dame de Rumengol qui, du port du Tinduff (en Plougastel-Daoulas), se rendait au pardon de Sainte-Anne-la-Palud a chaviré en arrivant au débarcadère. Des douze personnes qui l'occupaient, dix purent être sauvées.
Construite en 1945 au chantier Keraudren de Camaret, elle transporte à ses débuts du bois, du vin entre l'Algérie et Port-Vendres, des oignons en Angleterre, du sel à Noirmoutier et se spécialise par la suite dans la "pêche au sable".
L'équipage du Notre-Dame de Rumengol puisait le sable au fond de l'eau à l'aide d'une benne appelée crapaud, le déposait dans l'immense cale de la gabare et le déchargeait sur les quais de Châteaulin, Landerneau ou Brest.
La gabare est rachetée en 1981 par l'association An Test qui gère aussi l'ancien sloop coquillier le "Bergère de Domrémy". Elle a subit une importante rénovation en 1996. Elle peut embarquer 11 passagers pour une navigation de plusieurs jours ou 27 pax à la journée.
GOASQUELLOU: Nous quittons les vasières et la cale du port de Kerascoët, pour nous hisser à la borne 75 m. vers une pointe étonnamment sans nom, au sud de l'entrée de l'estuaire de la rivière de l'Hôpital-Camfrout (le Camfrout), en face du club nautique de Logonna-Daoulas, puis nous redescendons vers Troaon.
Sur le chemin, nous découvrons un mini village dénommé Goasquellou où nous sommes accueillis par Marie, adorable retraitée (ex exploitante agricole) qui plantait des pommes de terres dans son potager fort joliment fleuri.
Marie (90 ans; elle en paraît 20 de moins) était intarrissable sur l'histoire de son lieu de vie où ses ante arrière grands-parents vécurent là.
Naturellement, ses lieux de référence sont le château de Rosmorduc où on se rendait par barcasse proposée par des passeurs occsionnels à partir de port de Kerascoët et l'abbaye de Landévennec.
TROAON: un des plus gros villages dépendant de la commune de l'Hôpital-Camfrout, face à Landévennec.
C'est un village de pêcheurs, disposant aussi d'une plage, à l'embouchure d'un petit cours d'eau, le ruisseau de Troaon.
La chapelle Sainte-Anne de Troaon a été construite en 1950. Elle possède une statue (récente) de saint Guénolé.
L'ïle de Tibidy.
Un îlot à l'embouchure de la rivière du Faou, sur une des rives de l'anse de Keroullé, face à la pointe de Glugeau.
L'île a été reliée au continent par un cordon artificiel et a donc été trasformée en tombolo (cordon littoral de sédiments reliant deux étendues terrestres).
L'île devenue presqu'île accueille un manoir, privé depuis 2000 (date à confirmer).
La légende, confortée par la "Vie de Saint Guénolé" veur que saint Guénolé, accompagné de onze disciples de saint Budoc, arrivant de l'archipel de Bréhat, débarque sur l'île de Tibidy en 482 établit un oratoire.
Trois ans plus tard, il quitte l'île pour gagner Landévennec.
L'île est donnée par la suite à l'abbaye de Landévennec par Gradlon (roi de Cornouaille: 330-405).
L'île fut propriété de la famille Bolloré, avant d'être acquise par l'évêché de Quimper en 1935, et la paroisse Saint-Louis de Brest en 1936.
Le château existant sur l'île étant transformé en école primaire catholique puis en école mixte (pensionnat), ce qui était rare à l'époque, puis en centre de vacances.
on a marché sur le Finistère
on a marché sur le Finistère
Brest, un dimanche pas ordinaire
Brest, un dimanche pas ordinaire
L'Hermione, frégate dite "de 12" (un seul pont de batterie armé de canons tirant des boulets de 12 livres, soit 6 kg), est un navire caractéristique de la guerre d'Amérique. La marine française aligne 60 bateaux de cette classe au 1779. C'est un trois-mâts de taille moyenne (longueur de coque= 44.20 m; largeur= 11.21 m). Certes, une frégate comme l'Hermione ne se risquait pas seule à défier un vaisseau de ligne, "roi des batailles" beaucoup plus lourd et supérieurement armé. Mais elle est rapide, maniable, "faite pour la marche".
Pour cette raison, son rôle en escadre est d'aller "à la découverte" de l'ennemi ou des côtes, d'éclairer en avant de la ligne. Pendant le combat, elle porte ordres et contrordres et répète les signaux.
Hors de l'escadre, évoluant en solitaire, la frégate est destinée à la surveillance des côtes, à l'escorte des navires marchands et à la chasse aux corsaires ennemis. Elle peut aussi transporter rapidement les personnalités (comme La Fayette en 1780).
550 navires ont été construits dans l'arsenal de Rochefort.
L'Hermione a été choisie parce que cette frégate conduisit La Fayette en Amérique en 1780. L'Hermione combattit pour la naissance des Etats-Unis et symbolise une grande aventure de solidarité entre les peuples.
Au début des années 1990, après la reconstruction de la manufacture de cordages, la Corderie Royale, un groupe de passionnés issu du Centre International de la Mer et de la Ville de Rochefort crée l'Association Hermione-La Fayette et se lance le défi de redonner vie à l'arsenal maritime de Rochefort.
Il s'agit de reconstruire la frégate Hermoine, dans le respect de l'historicité, tout en appliquant les règles de navigabilité d'aujourd'hui et en assurant la visite du chantier et du navire.
A l'issue de sa construction et d'un voyage inaugural aux Etats-Unis, le navire à flot dans la forme Napoléon III sera ouvert à la visite et effectuera des navigations épisodiques.
Il faudra une quinzaine d'années pour reconstruire l'Hermione et pour trouver les 25 millions d'euros nécessaires à la fabrication du navire et à son équipement.
L'opération est financée pour partie grâce aux collectivités, soutiens du projet, mais aussi avec les recettes propres de l'Association obtenues par les visites, les adhésions, les dons, la vente de produits dérivés, les partenariats avec les entreprises sponsors et mécènes.
L'Hermione est un symbole de réussite. Ses performences nautiques témoignent du haut niveau atteint par la construction navale française à la veille de la Révolution.
Au plan des valeurs, grâce à La Fayette, elle porte vers le Nouveau Monde le message des Lumières et pratique efficacement à l'instauration outre-Atlantique de la première grande démocratie occidentale.
D'un point de vue militaire, sa campagne américaine (mars 1780 - février 1782) est un succès. Elle remplit au mieux toutes les missions que l'on peut confier à un bateau de ce type: prise de navires marchands anglais, lutte contre les corsaires, assistance de la force navale (éclairage, liaison, transport, etc.), combat en duel ou en division (ainsi avec l'Astrée, commandée par La Pérouse, le 21 juillet 1781, dans l'estuaire du Saint-Laurent), participation indirecte à des engagements d'escadre (en mars 1781 et octobre 1782 devant la baie de Chesapeake).
Promue estafette de l'escadre à Piladelphie en avril 1781, l'Hermione est d'ailleurs le seul navire de guerre français qui ait reçu à son bord le congrès américain au grand complet.
Au terme de sa campagne américaine, l'Hermione rallie la baie de la Chesapeake en septembre 1781. Une opération d'une exceptionnelle envergure y est engagée depuis un mois. Durant cette grande bataille, chef d'oeuvre de vision stratégique, la marine et le corps expéditionnaire français sauveront la révolution américaine, ouvrant la voie à l'indépendance.
Il s'agit d'une manoeuvre combinée entre Français et Américains, menée à la fois à terre et sur mer, avec des déplacements de troupes sur de très grandes distances. L'objectif est de faire converger en secret vers le sud du pays, en Virginie, assez d'hommes, de bateaux et de canons pour piéger le général anglais Cornwallis qui va s'enfermer dans la citadelle de Yorktown, le couper de la mer et l'obliger à capituler.
Comme l'écrivit Rochambeau, artisan majeur de cette victoire, "c'est peut-être le hasard le plus extraordinaire que, pour une opération combinée des îles sous-le-vent (Antilles) et du nord de l'Amérique (Newport), nous nous soyons trouvés au rendez-vous dans la baie, au sud de l'Amérique, à une heure de différence!"
Le comportement à la mer: un fin voilier. L'Hermione est une frégate, un navire de taille moyenne. Très manoeurvrante, elle est réputée pour sa stabilité qui lui permet de porter une voilure importante.
Ses mouvements sont doux. Elle remonte bien au vent pour l'époque (67°C). Au près (allure qui consiste à se rapprocher de la direction du vent) elle peut marcher de 9 à 11 noeuds (20 km/h), au largue (à 120° environ de la direction du vent), à 13 noeuds (24 km/h) et au vent arrière à 11 noeuds. Elle vire remarquablement.
Bordé, vaigre et ponts, la peau du navire. Quand la structure de la frégate et terminée, il faut l'habiller. Le bordé ferme la coque pour la rendre étanche.
La pose des ponts rend possible le déplacement horizontal. La fixation du voyage renforce la structure. Mais auparavant, les charpentiers ont percé les sabords, ces ouvertures dans la coque qui permettent de tirer au canon. L'Hermione est un navire de guerre.
La vie à bord: une organisation rigoureuse. En 1780, plus de 300 hommes devaient vivre sur un navire de 50 mètres de coque. La promiscuité était extrême et seule une discipline rigoureuse la rendait supportable. La frégate embarquait l'armement, le matériel et les vivres nécessaires pour une campagne de 6 mois. Chaque chose et chaque homme devaient être à leur place.
Confection des voiles de lin. Au 18ème siècle, les voiles de l'Hermione étaient en chanvre ou en lin. L'Association s'est posé la question de voiles en tissu synthétique. Mais celui-ci est trop étanche à l'air et produirait une trop forte poussée sur la mâture avec un risque de casse.
Le choix s'est porté sur des voiles en lin dont la maille est plus lâche et qui correspond à la technologie de l'époque. Ces voiles sont plus faciles à prendre en main pour les gabiers qui doivent les ferler (replier). Les tissus se présentent en laizes de 60 cm de large.
Elles sont cousues à la machine par les voileries sélectionnées par l'Association. Les finitions sont faites à la main, sur le chantier devant le public. Les voiliers utilisent de nombreux outils, des aiguilles droites ou courbes, une paumelle pour pousser l'aiguille, des poinçons, un couteau, un épissoir et du fil à voile.
Un défit technique: reconstruire aujourd'hui une frégate du XVIII° siècle. En 1779, 300 ouvriers environ ont construit l'Hermione dans un arsenal en pleine activité. Ils ont mis 6 mois. Aujourd'hui, 6, puis 10, puis 20 charpentiers (et plus s'il le faut) vont mettre 10 ans.
A eux s'ajoutent, avec l'avancement des travaux, des menuisiers, des forgerons, des gréeurs, des voiliers, des cordiers, etc. En 1779, les outils étaient mécaniques. Aujourd'hui, ils sont électriques. Les pièces montaient avec des bigues (mâts de charge) et des palans. Aujourd'hui, le pont roulant d'une capacité de 5 tonnes a mis en place les couples entièrement assemblés.
Le gréement dormant (qui sert à tenir les mâts) représente 7 446 mètres de cordages.Il comporte des étais tendus dans l'axe du navire, les haubans et galhaubans, qui tiennent les mâts dans le sens latéral en tirant vers l'arrière pour compenser la poussée des voiles.
Le gréement courant est constitué de cordages dont le rôle est de manoeuvrer les voiles. Il représente 17 346 mètres de cordages. Les drisses hissent les vergues, les balanciers soutiennent leurs extrêmités. Les bras orientent les vergues et les voiles. Les écoutes règlent les voiles en fonction de leur angle avec le vent. Les cargues servent à réduire la voilure. Les manoeuuvres courantes voient leurs efforts reliés par des poulies et sont amarrées à des taquets.
La mise à l'eau. L'Hermione naviguera à nouveau. En 1779, l'Hermione fut construite sur une cale de l'arsenal. Cette cale avait une pente de 7° pour faciliter la descente du navire vers le fleuve. Le lancement par l'arrière s'est fait à marée haute. La quille a glissé dans une coulisse graissée, la coque maintenue droite par un bâti en charpente (le berceau).
Aujourd'hui, la réplique de la frégate est construite dans une forme de radoub. Celle-ci est actuellement fermée par un mur en madriers de béton. En 2012, un bateau-porte sera construit pour remplacer l'actuelle fermeture de la forme et le chenal menant à la Charente sera dévasé.
Au terme de plusieurs semaines de mise en eau, au printemps-été 2012, l'Hermione flottera dans la forme avant que les derniers travaux de montage et de finition ne soient réalisés fin 2012.
La Corderie Royale est un joyau de l'architecture militaire du XVIII° siècle. Sa longueur exceptionnelle (374 mètres) est directement liée à l'activité qui l'aimait: la fabrication des cordages pour la marine du Roi.
Rappelons qu'à bord des grands navires, il y a 30 km de cordages à partir de chanvre et plus de 600 poulies (800 sur l'Hermione).
Autre rappel: Il existe presque 4 000 types de noeuds, répartis sous quatre catégories, les noeuds d'arrêt (pour terminer un cordage), les noeuds d'ajus (pour emboîter un cordage l'un avec l'autre), les noeuds d'amarrage et les noeuds décoratifs (pour protégéer le bois des frottements).
Cité fluviale, Rochefort est entièrement bâtie sur la rive droite de la Charente, fleuve auquel elle doit sa création. La cité de Colbert a été créée en 1666 pour les besoins de la marine de guerre et le fleuve au bord duquel l'arsenal militaire a été édifié présentait à cette époque tous les avantages stratégiques nécessaires à son implantation. En fait la ville occupeun site de méandre profond qui répondait originellement à des besoins purement défensifs.
La Corderie Royale est édifiée le long de la Charente, en contrebas de la cité historique de Rochefort.
Rochefort est située entre deux grands espaces de marais qui ont constitué pendant longtemps des obstacles à son développement.
Depuis sa création en 1666, Rochefort a toujours connu une présence militaire importante. En effet, la ville a été construite pour accueilir le premier arsenal du royaume de France selon la volonté du roi Louis XIV.
Ainsi, la marine est restée présente à Rochefort jusqu'en 2002, soit 336 années.
Puis au début du XX° siècle, c'est l'aéronavale qui a fait son apparition avant sa transformation en base-école de l'armée de l'air et en école de gendarmerie.
Rochefort est la 7ème ville thermale de France.
Rochefort est à 34 km au sud de La Rochelle, à 65 km au sud-est de Niort, à 41 km au nord de Royan et à 46 km à l'ouest de Saintes.
La Corderie Royale, sur la rive droite de la Charente renferme l'espace muséographique du Centre international de la Mer de Rochefort.
La Corderie Royale est l'un des bâtiments les plus importants de l'arsenal et ce fut l'un des premiers construits lors de la création de la ville en 1666.
L'architecte de la corderie était François Blondel.
La réalisation ne fut pas simple en raison du terrain en bordure de la Charente, le sol est constitué d'une couche de vase épaisse d'une trentaine de mètres.
Il a fallu établir un radier de pièces de chêne de 30 cm de section, enfoncés à 5 pieds sous la nappe phréatique.
Arès plus de 3 ans de travail, la construction s'achèvera en juin 1669. Pendant près de 200 ans, le bâtiment long de plus de 370 mètres fut utilisé pour réaliser les cordages de la marine royale.
La longueur du bâtiment central permettait la fabrication en un seul tenant de cordages pouvant atteindre une encablure, soit 182,5 m.
On utilisait pour cela du chanvre qui arrivait des provinces de France et de Riga en mer Baltique.
l'aile principale est bornée par deux pavillons, celui du nord, destiné au stockage de chanvre, celui du sud, destiné au goudronnage des cordages pour éviter que ceux-ci ne pourrissent en mer. En 1867, les cordeliers cessent leur activité sur le site de Rochefort.
Le bâtiment accueillera successivement:
l'école de maistrance et des apprentis armuriers, l'annexe de l'artillerie navale, les travaux maritimes,
les archives secrètes de la marine, le musée des "petits-modèles".
Le 10 septembre 1926 est décidée la fermeture de l'arsenal de Rochefort, ce qui entraîne l'abandon progressif de la corderie.
Le déclin du bâtiment sera complet lorsque les forces d'occupation quittant la ville en 1944 incendieront la Corderie. Le feu qui dura plusieurs jours rendit le bâtiment inutilisable.
Laissé à l'abandon total pendant près de 20 ans, la Corderie et ses alentours deviennent le lieu d'une flore abondante.
En 1964, l'amiral Maurice Dupont entreprit le nettoyage du site avec l'aide des appelés et en 1967 le bâtiment fut déclaré monument historique.
1976: la ville, propriétaire, décida de lancer les travaux de rénovation.
Aujourd'hui, le bâtiment héberge:
la chambre de commerce et d'industrie de Rochefort et Saintonge, la médiathèque municipale, le siège de la LPO,
le siège du conservatoire du littoral, le Centre international de la Mer de Rochefort comprenant plusieurs salles d'exposition sur la fabrique des cordages.
Cette forme de radoub, à côté de celle où est construite l'Hermione, dans l'arsenal de Rochefort, annonce le prochain article sur la réalisation d'un vaisseau exceptionnel.
Les sites traversés, longés, cotoyés et rencontrés en cette randonnée du 9 février 2012, sixième de l'année 2012, quatorzième de la saison été 2011-été 2012:port du Brusc, îles du Gaou, le site du Mont Salva, ville de Six-Fours-les-Plages, sentier du littoral, Natura 2 000, communauté d'agglomération TOULON PROVENCE MEDITERRANEE, Conseil général du Var - Environnement, Provence Méditerranée-Territoire du Var, Espace naturel sensible - Mont Salva-Le Mourret, DCAN de Toulon (Direction des constructions et armes navales de Toulon - Laboratoire DSM), Massif du Cap Sicié, Notre-Dame du Mai, La Lèque.
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Le site du Mont Salva fait partie du massif forestier du Cap Sicié, zone d'intérêt biologique majeur par l'importance de la superficie forestière, qui lui permet d'abriter une grande diversité d'écosystèmes thermophiles (supportant les températures élevées), par la présence de biotope rupestre (présence de rochers) et des groupements holophiles (supportant les embruns) qui lui sont liés.
Les pointes et caps franchis par le sentier du littoral, successivement à l'aller, du Brusc vers le Cap Sicié: Cirque de la Gardiole, calanque de Mourret, Plage du Trou de l'Or, plage de la Fosse, Pointe du Mal Dormi, Pointe de l'Eperon, la Pierre de l'Autel, Pointe du Cap Vieux (batterie), Cap Sicié.
La Pointe du Cap Vieux est sur la commune de Six-Fours, le Cap Sicié est sur le territoire de la Seyne.
Depuis l'espace naturel du Mont Salva on a des vues privilégiées sur la structure rocheuse du littoral.
Au coeur de l'espace naturel du Mont Salva se trouve un site archéologique qui fut un habitat grec du IVème siècle avant notre ère. Dès le III° siècle avant J.-C., le Brusc, sous le nom de Tauroeis, fut le siège d'un comptoir grec fondé à Marseille (Massilia). Ses habitants étaient appelés alors Tauroentioi.
Cependant des traces liées à une première implantation grecque antérieure à la fondation de Toraueis ont été reconnues à la Pointe du Mourret où un habitat fortifié daté du IV° siècle avant notre ère a été découvert dans une pinède du Cap Sicié sur une avancée rocheuse surplombant la mer de près de 40 mètres.
D'une superficie d'un hectare, le site se composait d'un rampart conservé sur plus de 150 mètres contre lequel s'appuient des maisons comportant des murs en briques crues reposant sur une semelle de pierres peu élevée.
Les fouilles (toujours en cours) ont permis de reconnaître tout à la fois l'espace occupé et la chronologie du site par l'apport d'un abondant matériel (monnaies, fibules et agraphes, objets en bronze, verroterie, lampes, céramiques...).
Ces découvertes montrent que Six-Fours reçut entre les VI° et 1° siècles avant notre ère des marchandises provenant de toute la Méditerranée, une grande partie de celles-ci fut redistribuée en direction des places fortes indigènes de la région.
En échange, Marseille achetait aux indigènes les produits nécessaires à son commerce international qu'elle acheminait par le réseau de ses comptoirs d'Espagne, de Gaule et de Corse jusqu'à la Grèce.
Voiles latines: jusqu'à la fin du 19° siècle, il y avait trois types d'embarcations utilisées sur la Côte d'Azur: le "moure de porc" (dont la proue est en forme de nez de cochon), le pointu et la bette.
Les seuls moyens de les utiliser étaient aux avirons ou à la voile latine, celle-ci étant utilisée pour traîner des engins de pêche comme le gangui (art traînant) nécessitant une forte voilure.
C'était aussi un moyen de retourner plus rapidement sur les quais, afin de vendre le poisson qui était transporté par cagettes jusqu'à la halle de Toulon.
C'est à partir des années 30 que les premiers moteurs ont fait leur apparition sur les bateaux de pêche. La voile latine est une voile pointue fixée sur une antenne, aux deux parties: la penne et le quart, l'ensemble étant accroché à un mât.
La Bete "nega chin": Barque à fond plat, permet les zones de pêche les moins profondes. Elle est vouée à la petite pêche "l'art menu". Elle s'utilise soit à la rame pour la pêche (rusquet), (girolier, oursins, etc...) soit à la voile latine pour les régates dominicales.
La lagune du Brusc fait partie du réseau européen Natura 2 000 qui regroupe des sites naturels représentatifs de la biodiversité européenne. L'objectif de Natura 2 000 est de préserver cette diversité biologique et de valoriser le patrimoine naturel. En France la démarche est basée sur la concertation avec l'ensemble des acteurs du territoire.
La langune du Brusc est constituée d'un herbier de Posidonie - Posidonia oceanica - qui forme ici un récif barrière, véritable patrimoine architectural naturel (en France, on n'en compte plus que trois). La Posidonie n'est pas une algue mais une plante à fleur marine (floraison en automne) qui joue un rôle très important:
* frayère pour poissons; * producteur d'oxygène; * protection du littoral contre l'érosion.
La lagune du Brusc est également constituée d'un vaste herbier de Cymodocée - Cymodoca nodosa - et d'un herbier relique de Zostère - Zostera noltii. Toutes ces plantes marines sont potégées.