je raconte ma vie de grand adulte retiré des affaires et chaque semaine il se passe quelque chose, des informations sur le fonctionnement de l'Union européenne, des randonnées et balades en Bretagne, des manifestations extraordinaires, des évènements aussi originaux que des matchs de Ligue 1, miss France brestoise, et des lieux de légendes bretonnes
SAINT SERVAN (19 000 hab.). Rattachée en 1967 à Saint-Malo, cette ancienne commune est devenue un quartier malouin. Saint Servan est située sur l'emplacement de l'ancienne cité d'Aleth. Durant la Révolution, la commune (de Saint Servan) porte le nom de Port Solidor.
La cité romaine d'Aleth était le centre d'une grande région agricole importante. Le petit vilage maritime devint une cité importante dotée d'une véritable enceinte fortifiée. Vers 370 ap. J.-C. les troupes romaines cantonnées à ALETH quittent la cité et les premiers Bretons débarquent.
Des pans de mur d'enceint de l'ancien castellum romain, épais d'un mètre cinquante d'épaisseur sont toujours visibles.
Dans le Port Solidor, les archéologues ont découvert, en 1973, les restes d'une station de pompage de l'époque romaine qui approvisionnait les bateaux en eau douce ainsi que 7 canalisations débouchant sur des fontaines.
Siège d'un évêché (confirmé au VIIIème siècle) la cité d'Aleth était dotée d'une cathédrale (Saint Pierre) dont le choeur et les soubassements subsistent aujourd'hui. L'instalation des Vikings sur la Rance pendant 30 ans serait à l'origine de la cathédrale vers 1150 sur le rocher voisin de Saint Malo.
La Tour Solidor fut édifiée entre 1379 et 1380 par le duc Jean IV sur les fondations de l'ancienne tour viking d'Oreigle pour contrôler le trafic sur la Rance, face à Saint Malo qui a intégré alors le Royaume de France.
Sous la monarchie, l'Empire et la troisième République on construit à Saint-Servan des bateaux. Cette activité économique avec la pêche à la morue connaîtra un déclin relatif vers 1850.
En 1920, la commune est nommée Saint-Servan-sur-Mer. En 1967, Saint-Servan-sur-Mer fusionne avec les communes de Paramé et de Saint-Malo, elle est désormais un quartier de Saint-Malo.
La tour Solidor est un donjon fortifié composé de trois tours réunies par de petites courtines, monument historique depuis 1886. Dérivé des mots bretons steir dor, son nom signifie "porte de la rivière".
De la cale Solidor, un bac à passagers et véhicules traversait régulièrement la Rance vers Dinanrd avant la mise en service du Barrage de la Rance en 1967. La Tour Solidor héberge depuis 1970 un musée des cap-horniers qui réunit les collections du musée de Saint-Malo sur la navigation au long cours et les cap-horniers.
Pour contrôler l'insoumise ville de Saint Malo, ce donjon fortifié a été tour à tour bastion, prison et aujourd'hui mémoire de la navigation malouine. On peut apprécier le parfait état de cette architecture militaire médiévale.
La vue depuis le balcon au sommet de la tour est exceptionnelle sur l'embouchure de la Rance et sur les remparts de la cité corsaire et ville close de Saint Malo.
atelier animé des Forges de Pyrène, près de Foix, Ariège.
atelier animé des Forges de Pyrène, près de Foix, Ariège.
ou, Once apon a time, the Lane of the Perfect People!
Comment dénommes-tu ce formidable chemin
Qui s'en va de Foix et nous conduit à Berga,
Périple pyrénéen, entre bons copains,
Qui traverse l'Ariège et la Cerdanya?
Des Parfaits qui se prirent souvent pour des Bonshommes,
Autrefois empruntèrent ces sentes pentues pour fuir
La Couronne de France et l'Eglise de Rome,
Véritables routes de migration à découvrir.
Entre le chateau de Montségur en Ariège
Et le sanctuaire de Queralt en Catalogne
Les Cathares devaient échapper aux nombreux sièges
Des Croisades, de l'Inquisition jusqu'en Cerdagne.
Roquefixade, Montségur, puis Comus
Et le Refuge du Chioula, nos premières escales
Le long de l'Oriège, Orgeix et Orlu
Nous guident au Refuge du Col de Joux, peu banal !
Aux gîtes de Mérens, l'Hospitalet et Porta
Nous avons apprécié l'Accueil et le confort
Avant d'atteindre Portella Blanca d'Andorra
Par mil' metres de dénivelé, ça monte dur encore!
Nuit de récupe dans un abri rustique et sommaire
Pour se protéger de l'orage et sa grosse pluie
Je cite: la Cabana des Esparvers
Et dérouler jusqu'à Prullens, repas d'midi.
Dans ces hautes terres arides de la Serra Cadi,
Point d'isard, ni d'aigle royal en vue
Mais observé vautours, martre et marmottes hardies,
Jamais de loup, ni ours, ni gypaète barbu!
Passage obligé pour les Bonshommes en fuite,
Bellver de Cerdagne au bel aspect médiéval
Havre de paix des troupeaux en estives
Conduit naturellement au refuge dels Cortals.
La descente du torrent de la Font del Faig
Nous amène vertigineusement à Baga
Réparatrice, Casanova de les Garrigues
Ultime halte avant la finale sur Berga.
Les montées interminables, fréquentes et abruptes
Auxquelles succèdent de ces descentes étourdissantes
Auront eu raison de randonneurs de plaine, brutes
Aguérries aux randonnées éreintantes.
Les Pyrénées ariègeoises et cerdagnaises
Nous ont demandé de fournir de gros efforts,
Leurs chemins cathares même hors de la fournaise
Ont rendu quatre Brestois beaucoup plus forts.
L'un de ces ti-zefs, le "Gypète barbu"
Devançait ou suivait l'autre "Isard agile",
Le troisième, surprenant lève tard, "Marmotte fragile"
Et, ze last but not ze list: "Bel ours bourru".
Je suis convaincu que pour comprendre ce que fait l'Europe aujourd'hui, 9 octobre 2012 pour se sortir de la crise dans laquelle elle s'est engluée, il est utile d'analyser ce qu'il s'est passé à la mi-décembre 2011.
D'abord, je meurs d'envie de rappeler un principe fondamental qui est souvent perdu de vue:
"Trois sphères sont à l'oeuvre: les finances publiques, les marchés financiers et la sphère politique. Chacune a son mode de fonctionnement. Il faut faire marcher ensemble trois roues dentées, qui n'ont pas le même rythme, ni le même format et qui se touchent à peine."
Rappel: le scénario envisagé de façon quasi unanime fin novembre était: la dégradation de la note de chaque Etat européen, des solutions pour y remédier inefficaces, un éclatement de la zone euro et au final, la fin précipitée de la monaie unique...
En réponse à cet état d'esprit catastrophique, début décembre 2011, l'Allemagne veut renforcer la gouvernance de la zone euro et la discipline budgétaire, volonté à laquelle la France veut bien se rallier à condition que Berlin donne des gages de solidarité européenne.
L'Allemagne souhaite modifier le traité de l'Union européenne pour autoriser la Cour de justice européenne à poursuivre les pays qui enfreignent de manière répétée les règles budgétaires, qu'elle devienne une juridiction de surveillance en quelque sorte... Berlin voudrait qu'on place sous tutelle européenne les pays ne maîtrisant pas leurs comptes publics, un véritable abandon de souveraineté, et veut inscrire la règle d'or au traité, cette règle plafonnant le niveau de déficit permis, et pour les pays fautifs, du gel des droits de vote dans l'UE et des subventions européennes.
Comment éviter des divisions supplémentaires des 27 pays de l'UE pour signer un nouveau traité (modifier le traité de Lisbonne) ? Prévoir des dispositions sur le fonctionnement de la seule zone euro, en particulier le "protocole 14". Qui dit changement de traité de l'UE implique ratification nécessaire à l'unanimité des 27. comment faut-il expliquer et dire et enfoncer le clou que la règle de l'unanimité ne peut pas fonctionner à 27 Etats si peu homogènes? Problème: certains des pays non membres de l'euro pourraient monayer leur vote!
Les eurosceptiques britanniques réclament un rapatriement des compétences en matière sociale et de régulation financière de Bruxelles à Londres. A défaut de ratification de ce nouveau traité, Paris et Berlin pourraient en passer par un accord entre pays impliquant la seule zone euro, voire les seuls pays de l'Union monétaire qui souhaitent aller de l'avant. Au risque de créeer une Europe à deux ou trois vitesses.
6 décembre 2011: L'Allemagne et la France (mais qu'en pensent les Maltais, les Luxembourgeois, les Chypriotes, les Estoniens, les Slovènes,...) sont tombés d'accord pour renforcer la discipline budgétaire chère à Berlin. Les deux pays sont déterminés à aller très rapidement vers un nouveau traité européen.
8 décembre 2011: énième sommet européen, des enjeux capitaux face à l' "incendie". Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se retrouvent pour tenter de juguler la crise de la dette et rassurer les marchés. Maître mot de ce sommet: la discipline:
- renforcement de la gouvernance de la zone euro,
- changement de traité pour éviter que la zone euro ne conclue un accord séparé,
- evoluer vers l'émission en commun de dette, à travers un système d'euro-obligations,
- un pare-feu renforcé, seul moyen d'apaiser les marchés, entrée en vigueur du Mécanisme européen de solidarité (MES) appelé à succéder de manière permanente au Fonds de secours financier des pays en difficulté de la zone euro (FESF) qui dispose le 8 décembre 2011 de 250 milliards d"euros.
- Rôle de la BCE: espoir que le renforcement de la discipline budgétaire convaincra la BCE d'aider davantage les pays fragiles comme l'Italie en achetant massivement leur dette sur les marchés.
9 décembre 2011: Sommet européen à l'issue incertaine où les divisions se font clairement entendre malgré l'urgence de la situation. Jamais l'Europe n'a été aussi nécessaire, jamais elle n'a été aussi en danger, jamais le risque d'explosion de l'Europe n'a été aussi grand: tension maximale.
La disparition de l'euro est un scenario catastrophe rejeté par les grandes entreprises européennes. Elles s'y préparent néanmoins au cas où. Beaucoup de questions se posent aux entreprises si l'euro disparaît. Comment préserver ses liquidités? Où maintenir la production? Quels investissements annuler? Quelles conséquences pour les accords commerciaux transfrontaliers? Quel impact des dévaluations monétaires?
Avec l'euro, les entreprises ont gagné en stabilité et en facilité de transaction. Une stabilité qui paraît impensable de perdre quand déjà la récession économique menace leur activité.
Et pendant ce temps, en Grèce où l'Europe fait la pluie et le beau temps, le sentiment d'appartenance à l'Europe est toujours puissant, même si les habitants ont, à juste titre, le sentiment d'être gouvernés directement par l'Union européenne et le FMI. Les Grecs sont à la recherche d'une vie plus simple, la crise financière, économique et maintenant sociale a bouleversé leur vie quotidienne.
En août 2011, la situation sur le Vieux Continent était inquiètante, notamment en Italie et en Espagne dont le modèle économique était clairement menacé. La Grèce n'était qu'un furoncle tandis que l'hyper endettement, mâtiné de divisions politiques était le véritable cancer du Vieux Continent.
Les autorités étaient impuissantes, aussi les marchés moutonniers fuyaient le risque comme d'autres la peste. L'Italie affichait 1900 milliards de dettes (120% du PIB). Et les Etas-Unis voyaient leur endettement atteindre les 100% du PIB.
Au lendemian de la crise de 2008, les Etats avaient vigoureusement combattu la récession en soignant la fièvre. Ils n'avaient pas mesuré à quel point la dette avait gangrené l'économie des pays riches. Les perspectives de croissance ne concernaient plus que les pays émergents du Sud. Le Nord ne créant plus assez de richesse se retrouvait au pied du mur de sa dette qui menaçait de le faire crouler.
L'économie occidentale vit depuis trente ans au-dessus de ses moyens. A crédit. La crise financière éclate au grand jour. Quand la Bourse dévisse, c'est signe de la pathologie du surendettement.
Le constat confirmait qu'il n'y avait pas d'issue hors une douloureuse et longue transition de désendettement gérérateur du retour de l'inflation. Comment préserver notre modèle socio-économique: l'Etat-Providence trop impécunieux qui n'a plus les moyens de financer?
Les indicateurs boursiers étaient au rouge et les responsables européens tentaient de rassurer pour limiter la casse. La croissance ralentissait en Espagne rendant mécaniquement plus difficile l'assainissement budgétaire. On entendait des truismes du genre: "Si les Etats ont une dette élevée, ils doivent avoir de la croissance, sinon cette dette deviendra insoutenable."
La zone euro descendait dans les abysses.
Déficit français; un tour de visse inévitable. La France est condamnée à une politique importante de rigueur afin de respecter ses engagements internationaux et réduire son déficit. La notation très favorable de la dette française était sous tension par une mise en observation négative de l'agence chinoise Dagong. La vigilance était accrue sur les capacités de remboursement de la France.
Le gouvernement de l'époque tergiversait pour mettre en place des mesures pour éviter la dégradation de notre triple A. La réserve d'austérité préventive consistait en coupes sévères dans les dépenses et des hausses d'impôts. Malgré une économie puissante et diversifiée, les dépenses publiques de la France n'étaient pas suffisamment maîtrisées. Et pourtant il faut éviter l'abaissement de la note dans le cadre d'une dégradation générale d'origine européenne pour éviter la hausse des taux d'intérêts qui étoufferaient l'activité au niveau des entreprises et au niveau des particuliers.
la spirale infernale ou la descente aux enfers
La France a du dégager des dizaines de milliards en annulant les grands projets qui devaient soutenir la reprise. Les services publics et les fonctionnaires ont été les premières victimes d'une rigueur inédite. Autre piste visant à améliorer la situation: réduire certaines niches fiscales parmi les 500 répertoriées pour récupérer 3 milliards d'euros par an les prochaines années. Notons que 11 milliards avaient été déjà rabotées en 2011 sur cette piste.
En juin 2011, le Portugal recourait à un plan d'austérité de 78 milliards d'euros imposé par le FMI et la Banque européenne. Ce plan n'était qu'un prémice à un programme de restriction budgétaire devenu inévitable pour les trois prochaines années. Les Portugais ont connu le pire, avant leur entrée dans l'Union européenne et l'intervention du FMI ne les empêchera pas de s'en remettre. Pourtant la privatisation des services, la baisse des aides sociales, le démentèlement du droit du travail, effets principaux du plan de rigueur, vont coûter 7500 € à chaque contribuable. Je dis "Chapeau à ce peuple courageux, fataliste et civique!"
étudiantes de l'Université de Coïmbra - Portugal
Pendant que je fais loupe sur les Portugais qui se débattent avec leurs difficultés économiques, L'UE planche sur des sujets "plus légers, mais dont l'étude ne peut être sabotée" comme la réintroduction dans l'alimentation du bétail des farines animales, les voitures propres, l'état des stocks de poissons de grands fonds, le mariage homosexuel, l'industrie navale, etc.
Voici mes commentaires sur chacun de ces sujets, tous aussi importants pour la société européenne et qui impactent plus ou moins directement notre quotidien.
1 - L'EFSA (Agence européenne de sécurité des aliments) estime que les conditions sanitaires d'il y a dix ans ne sont plus d'actualité donc que les risques seraient négligeables si l'on nourrissait les non-ruminants avec des farines animales sécurisées issues d'espèces différentes, par exemple des farines de porc pour les volailles. Qui va prendre en considération le résultat du sondage qui révèle que 88% des consommateurs sont opposés au retour des farines animales? Ce type de sondage est inepte, car pour répondre à une telle question, les personnes interrogées n'ont pas préalablement consulté les scientifiques experts en la matière pour se faire une opinion sérieuse et étayée, leur réponse n'est fondée que sur l'affectif qui ne se souvient que des ravages suite à la maladie de la vache folle...
2 - La France s'est issée en 2010 au second rang du marché des voitures neuves les moins émettrices de CO² de l'UE. La moyenne européenne des émissions de CO² des véhicules neufs a baissé de 45 g en 15 ans pour s'établir en 2010 à 141 g. La france arrive donc au 2° rang avec 130 g de CO² émis par kilomètre parcouru. 1°: le Portugal avec 129 g. Mais il y a encore des pays en Europe avec des taux de 150 g/km.
3 - Le Conseil international pour l'exploitation de ma mer (CIEM) mandaté par l'Union européenne émet un avis sur l'état des stocks de poissons de grands fonds afin d'aider à la décision les autorités européennes sur la poursuite ou l'interdiction de la pêche des poissons de grands fonds. Ainsi l'Union dépense de l'argent pour récolter des données scientifiques de qualité et les analyser pour... ne pas dire que les stocks sont surexploités, mais que, de par leur biologie, ces poissons ne peuvent supporter que des ponctions restreintes! Belle directive!!!
4 - Sept Etats européens ont reconnu le droit aux homosexuels de se marier: Pays-Bas, Belgique, Espagne, Norvège, Suède, Portugal et Islande. Notons que seuls cinq pays de l'UE ont accordé le droit de se marier aux homosexuels puisque, dois-je le rappeler, la Norvège et l'Islande ne font pas partie des 27 Etats membres de l'U.E.
5 - La place de l'industrie navale européenne ne pèse que 5% du tonnage mondial, ce qui est très peu. Dans le naval miltaire, l'Europe est bien placée sur le secteur des navires fortement armés ou fortement techniques comme les sous-marins classiques. Il n'y a quasiment que l'Europe qui construise des navires à passagers: l'Italie, l'Allemagne et la France. Pour les porte conteneurs ou les navires transporteurs de gaz, l'Europe est quasiment absente. Dans l'activité navale de défense, le problème est celui de la dispersion des acteurs européens. Il n'y a pas de coopération qui se soit développée dans les dix dernières années. Si l'Europe continue à jouer de manière dispersée, en matière d'exportation, on sera mal, dixit le Gican (Groupement des Industries de Construction et Activités navales).
Tout cela sur fond de crise en Syrie où les Etats-Unis et l'Union européenne, en juin 2011 voulaient obliger Bachar-el-Assad à stopper la répression sanglante des mouvements populaires après trois mois de violences; on a vu l'efficacité de ces demandes...
Pour terminer ce modeste tour d'horizon des affaires traitées ou gérées par l'Union européenne, je n'oublierai pas de mentionner le pays le plus mal noté au monde (CCC par l'agence Standar & Poor's). En juin 2011, il y a 15 mois, on se demandait comment aider à nouveau la Grèce sans affoler les marchés. Les pays de la zone euro tentaient de mettre au point un nouveau plan d'aide à la Grèce pour la soulager du poids de son énorme dette - près de 350 milliards d'euros - après les 110 milliards d'euros de prêts sur trois ans promis en 2010.
Voilà ce que disait Henry Lauret le 16 juin 2011: "La galère grecque: il n'est pas raisonnable ni sérieux de dire que la dette grecque menace nos banques. La dramatique qui se joue à Athènes depuis des mois met d'abord en péril la Grèce elle-même en tant que nation, les Grecs en tant que peuple à part entière de l'Europe et, enfin, la construction européenne proprement dite. Il se trouve, en effet, que BNP Paribs, la Socitété Générale et le Crédit agricole sont exposés en Grèce à hauteur de 10.5 milliards d'euros sous forme de titre d'Etat et de dettes privées. Si les Grecs venaient à faire défaut, nul doute que nos trois banques tricolores auraient bien du mal à revoir la couleur de leur argent. Est-ce aujourd'hui le sujet de préoccupation de ceux qui crient leur désespoir dans la rue? Imagine-t-on seulement ce que serait le cataclysme politico-financier d'une faillite déclarée à Athènes?
De fait, l'exposition des banques européennes est un peu la face cachée de la crise grecque. Avant le tsunami de 2008, ces banques ont fait des affaires, surfant sur les facilités d'une administration peu regardante et d'une économie dont les comptes étaient délibérément truqués. Tout le monde savait. Tout le monde en a profité. Les banquiers allemands, les premiers impliqués, ont encore pour plus de 15 milliards d'euros d'engagements du côté du Pirée, ce qui fait dire que Berlin a jusqu'ici fait plus pour sauver ses banques que pour sauver la Grèce. Que les agences de notation veuillent dégrader nos banques du fait de leurs risques grecs, c'est un peu l'écume des choses. Du reste, BNP Paribas, le Crédit agricole et la Société Générale sont bien assez solides pour encaisser un possible choc. Et puis, nolens volens, les créanciers privés vont probablement devoir participer au sauvetage, BCE, Commission de Bruxelles et FMI compris. Tous piégés dans une galère grecque qui n'a décidément rien de l'antique barque pour Cythère."
Le 17 juin 2011, une aide immédiate (12 milliards d'euros) a été versée mais un nouveau plan d'aide à long terme pour éviter la banqueroute au pays a été repoussé à plus tard.
La révélation en 2009 du trucage de ses statistiques a fait apparaître que la Grèce avait accumulé des dettes colossales. L'aide du printemps 2010 devait lui éviter la faillite sans passer par les marchés. Mais ce scénario a échoué. Le déficit public de la Grèce baisse plus lentement qu'escompté, le pays est englué dans la récession et la défiance des investisseurs ne fait que s'amplifier. Quelle solution rapide pour aider la Grèce?
Le refuge: Raymond de Péreille, seigneur local, aurait été sollicité par l'Eglise cathare vers 1204 pour "reconstruire" un castrum (village fortifié) au sommet de la montagne (pog). En s'installant avec leurs proches sur ce site déjà occupé du Néolithique à l'Age de bronze, les religieux cathares changent sa destinée. A partir de 1232, il devient "le siège et la tête" de l'Eglise proscrite.
Il accueille aussi les membres des famillesseigneuriales occitans dont Raymond de Péreille et Pierre Roger de Mirepoix qui en assurent la défense.
Selon la chronique rédigée par Guillaume de Puylaurens, "Il y avait là un refuge public de toutes sortes de malfaiteurs et d'hérétiques, comme une synagogue de Satan, en raison de la puissance du castrum qui, situé sur un roc très élevé, paraissait inexpugnable."
Le siège: En mai 1243, l'archevêque de Narbonne, l"évêque d'Albi et le sénéchal de Carcassonne engagent, au pied du pog, le siège le plus long de la croisade contre les Albigeois. Il dure jusqu'en mars 1244. Pendant huit mois, les lignes de défense successives, établies en travers du chemin d'accès, parviennent à contenir les croisés. Ce n'est que lorsque les attaquants d'emprunter l'abrupte extrêmité nord-est, de nuit, qu'ils prennen pied sur la montagne. Ils aménagent alors un accès pour acheminer, poutre après poutre, leurs machines de guerre, et remontent peu à peu la crête. Les assiégés, eux, se replient jusqu'à une barbacane, ouvrage fortifié situé à mi-parcours.
Pilonnés par d'énormes boulets de pierres, ils doivent abandonner cette nouvelle ligne de défense. Ils parviennent à repousser une ultime attaque près du sommet. Mais, sans espoir de secours les armes. Une trêve de 15 jours permet à ceux qui ont décidé de ne pas renier leur foi de faire leurs adieux à leurs familles et au monde matériel.
"L'an 1244, au mois de mars fut pris le castrum de Montségur, où l'on trouva deux cent cinq hérétiques des deux sexes. Ils y furent brûlés près du pied de cette montagne." (chronique de l'abbaye de Berdous)
Le château des Lévis. Alors que les survivants du bûcher sont soumis aux interrogatoires de l'Inquisition, le castrum est remis aux seigneurs de Lévis qui avaient reçu la terre de Mirepoix en récompense de leurs services durant la croisade. Ces derniers érigent le château actuel et font du site une de leurs places fortes. Ils cherchent à contrôler cette partie montagneuse de leur domaine face au puissant comte de Foix.
Les inventaires de 1540 mentionnent encore un château en état de défense. Mais il est signalé "à l'état de ruine" en 1673 et sert, après la Révolution et au long du XIX° siècle de carrière de pierres.
Après avoir détruit le castrum cathare en 1244, les Lévis, venus d'Ille-de-France, nouveaux seigneurs du lieu, érigent une forteresse au sommet du pog. Epousant l'assiette rocheuse, ce château se compose d'un donjon rectangulaire soudé à une enceinte percée de deux portes. Les accès se font alors par un palier de bois escamotable. Ils sont protégés par des hourds (galeries de bois en hauteur, en encorbellement contre le mur). Le mur a été épaissi en "bouclier" pour faire face au seul endroit où un assaillant pourrait installer des machines de jet. Tout autour de la cour, des bâtiments à étage, recouverts de tuiles prennent appui contre les murs de l'enceinte.
Le village cathare. Le site n'est pas propice à l'installation d'un village: pas de source, des surfaces escarpées, un accès difficile. Pourtant, dès sa construction vers 1204, des maisons religieuses communautaires s'y installent. Après le lancement de la croisade en 1209, et notamment à partir de 1232, l'Eglise cathare du Toulousain et des représentants de la noblesse alliée de Raymond de Péreille s'y réfugient. Ce sont des familles de croyants ou de faidits, ces chevaliers dépossédés de leurs terres, avec leurs soldats et leurs personnels. Environ cinq cents personnes, religieux et laïcs, vivent sur la montagne.
Ils entretiennent des liens étroits avec le pays d'Olmes qui les approvisionnent, ou plus lointains lorsque la situation politique se tend. La transcription de dix-neuf dépositions des survivants devant l'Inquisition parvenues jusqu'à nous, et les objets mis au jour à l'occasion de fouilles archéologiques et déposés au musée de Montségur, nous livrent des indices de leur vie quotidienne.
Pendant quarante ans, c'est une véritable "société cathare" qui est installée ici. Les religieux font de grandes prédications publiques, une catéchèse au quotidien. Ils prennent des risques pour administrer le consolament permettant le salut de l'âme. Les repas communautaires lient religieux et croyants autour de la bénédiction et du partage du pain selon la mode de l'Eglise primitive. "J'ai vu Montségur, dans les maisons de Pierre Roger de Mirepoix, de Roger de Péreille et des autres chevaliers et autres sergents, tant de fois des parfaits que je ne peux me le rappeler (...), dans les maisons desquels ces parfaits ou parfaites venaient, (...) dans les rues ou les maisons, on les adorait..." (Déposition de Fays, femme de Guillaume de Plaigne, devant l'Inquisition).
Le système de défense cathare. Durant la première moitié du XIII° siècle, un village se fortifie sur cette montagne (le castrum). On peut penser qu'il y avait un logis seigneurial où vivait Raymond de Péreille et peut-être un deuxième pour Pierre Roger de Mirepoix. Les maisons des cathares et proscrits occitans se développent tout autour. Les lices (espace compris entre deux murailles) impliquent l'existence d'une enceinte autour du village.
La plus sûre défense de ce site est naturelle: un dénivelé de deux cents mètres et des falaises abruptes. Le côté sud présente une pente moins rude et a du être renforcé par des murailles supplémentaires. Des marches taillées dans le rocher, dites en pas d'âne pemettaient aux montures et animaux de bât de les gravir. Elles constituent le chemin d'accès.
La religion cathare: forme médiévale du christianisme, elle s'est développée dans différents pays européens. Se réclamant des évangiles, ses adeptes se considèrent comme la vraie Eglise du Christ et des apôtres, à la différence de celle de Rome qui a, selon eux, perverti l'héritage initial. Ils croient en deux principes créateurs, l'un pour le bien, l'autre pour le mal. Les âmes d'ici-bas, enfermées dans le corps de chair, ont oublié leur origine divine. Elles peuvent toutefois être sauvées en recevant le Consolament qui unit l'âme à l'Esprit Saint. Ce baptême par imposition des mains est l'unique sacrement cathare. Les coroyants se refusent à communier, adorer la croix...
En Occitanie, le catharisme se constitue en véritable église, structurée, hiérarchisée, avec à sa tête un corps clérical d'évêques et de diacres. Ceux qui ont reçu le consolament s'engagent à une vie ascètique de type monastique, à cette diférence près qu'ils sont installés au coeur des bourgades. Là, ils mènent une vie communautaire dans des maisons de femmes ou d'hommes ouvertes à tous. Ils ne prélèvent pas la dîme mais travaillent et prient à la vue de tous. Ils se nomment eux-mêmes "bons hommes" et "bonnes femmes" et leurs fidèles "bons croyants".
Sous Gaston FEBUS, la chasse au Moyen-âge: la chasse est l'activité favorite des puissants. Si elle permet de fournir la table des nobles, elle est avant tout un sport chevaleresque et l'occasion pour l'homme de se mesurer à la force et à l'intelligence des animaux. C'est également un art de vivre qui met en jeu des valeurs morales et répond à des règles qui sont codifiées dans des traités.
La vènerie ou chasse à courre: la chasse à courre est une technique de chasse très ancienne et très répandue qui consiste à poursuivre l'animal sauvage avec une meute de chiens jusqu'à sa prise. Elle se distingue de la chasse à tir, car seuls les chiens chassent: ils débusquent l'animal grâce à leur odorat et le traquent. L'homme, à pied ou à cheval, guide et contrôle les chiens.
Le livre de la chasse de Gaston Fébus: depuis la fin du XIII° siècle, les décors et traités de chasse sont en vogue. Fébus s'engage à l'âge de 55 ans dans la rédaction d'un livre très personnel sur la chasse, qui rencontre un succès immédiat et demeure une référence en la matière. Son approche, claire et scientifique, démontre sa parfaite connaissance des moeurs des animaux, ainsi que son expérience incomparable de chasseur. Surtout, il développe une certaine éthique de la chasse et le respect des animaux chassés. Cette conception est nouvelle à cette époque et témoigne d'une évolution des mentalités.
Un chef d'oeuvre de l'art médiéval: commencé en 1387, l'ouvrage est terminé en 1389 et probablement enluminé par un atelier d'Avigon. Il est dédié au duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, et devient très vite un ouvrage de référence dans le domaine de cynégétique (art de la chasse). Si le manuscrit original semble perdu, il en existe quarante quatre copies manuscrites, dont la plus remarquable est conservée à la Bibliothèque Nationale de France. Ses enluminures, aux couleurs chatoyantes, sont d'une grande beauté et d'une infinie précision.
HENRI IV (1553-1610), dernier comte de FOIX: avant de devenir roi de France en 1589, Henri fut d'abord Comte de Foix et roi de Navarre par son ascendance maternelle, Jeanne d'Albret. Bien qu'il ne vécut jamais en comté de Foix, il y séjourna à de nombreuses reprises, notamment entre 1575 et 1584.
Le Roc de Foix: grotte de cheval (accès impossible) - époque magdelénienne 1500 av. J-C : Les nombreuses grottes du rocher servent d'abri dès la préhistoire. La première présence humaine connue date du Moustérien (50000 à 35000 ans avant notre ère). Eclats de silex et d'os, bois de renne, sagaies, perçoirs, aiguilles, dessin d'un cheval témoignenet d'une longue occupation. Ces grottes ont servi de cachettes pendant la deuxième guerre mondiale, et un habitat en partie troglodyte s'est perpétué jusqu'à une date récente.
FOIX: un monastère dédié à Saint Volusien, dont ne subsiste aujourd'hui que l'église abbatiale, existant déjà au milieu du IX° siècle. Il fut détruit durant les guerres de religion, au XVII° siècle. La préfecture occupe aujourd'hui la place des bâtiments conventuels disparus. Cette abbaye construite à la confluence de deux rivières, fut le coeur et le point de départ de l'agglomération de FOIX au haut Moyen-âge.
Volusien, la part de légende... "Il faut savoir comment le glorieux martyr Monseigneur Saint Volusien est venu en la ville de FOIX. Lequel glorieux saint est patron de l'église et de la ville de FOIX...
"Il fut le septième évêque de Tours,
En ce temps là, régnait un méchant roi hérétique qui s'appelait Alaric, roi des Goths et Ariens, dominant Toulouse et le pays, il poursuivait et tuait tous les chrétiens qu'il pouvait trouver...
"Il prit et détruisit la cité de Tours en Touraine et il emmena, pris et lié le glorieux archevêque saint Volusien jusqu'à Toulouse où toujours il pleuvait du sang...
Ceux qui s'enfuirent emmenèrent pris et lié le glorieux saint Volusien pour le faire passer en Espagne.
"Entre Pamiers et Varhiles, au lieu de couronne, ils le décapitèrent et en firent un martyr. Les lances de ceux qui l'avaient décapité se transformèrent en tiges de frênes tout verts qui n'ont pu mourir par la vertu divine ainsi que cela peut se voir encore aujourd'hui en ce même lieu.
"La nuit suivante par l'annonce d'un ange envoyé par Dieu, il fut annoncé à deux saintes religieuses qu'elles devaient aller à la ville de Foix, vers le peuple chrétien, pour qu'ils portent le corps du saint pour l'ensevelir dans l'église de Foix.
"Le corps du saint fut mis sur une charrette que tiraient deux boeufs et le portèrent miraculeusement à l'église de FOIX. Les rochers s'écartèrent; les roues de la charrette entrèrent dans la roche et les pieds des boeufs y laissèrent leur trace comme cela se voit encore, en aval de Foix dans le grand chemin, dans les roches du Pas de Las Latras; la rivière se mit à sec et servit de chemin. Il rendit la vue aux aveugles, rendit la santé aux contrefaits et aux possédés du démon et fit beaucoup d'autres miracles qui seraient trop longs à raconter...
ci dessous: la mise au tombeau: une oeuvre en terre cuite peinte. C'est une copie du 19° siècle de l'atelier toulousain Virebent. Diverses copies, lui ressemblent, l'original du 16° siècle en pierre polychrome provenant du château de Biron (Dordogne) est exposé au Metropolitan Museum de New York. Marie est entourée de Saint Jean portant la couronne d'épines, Marie-Madeleine avec ses longs cheveux et le coffret de parfum, Nicodème à droite et Joseph d'Arimathie à gauche soutenant le linceul qui enveloppe le Christ.
L'actuelle église Saint-Volusien n'apparaît dans les textes qu'au 9° siècle. En 870, il est question d'un monastère en l'honneur de saint Volusien, édifié sur ce lieu. Il sera bien protégé, étant limité par deux rivières, l'Ariège à l'est, l'Arget son affluent, au nord. Au sud, se construit l'église-abbatiale.
Avant de partir à la 1° croisade, le comte de Foix Roger II fait le voeu de construire une nouvelle église en l'honneur de saint Volusien. De style roman, elle sera inaugurée en 1111. L'abbaye devient le lieu privilégié de la vie politique et religieuse de Foix. Au 16° siècle, pendant les guerres de religion, l'église est saccagée et pillée.
Détruite en 1580, reconstruite de 1609 à 1670, c'est une église gothique de style méridional conservant encore un portail roman.
Qui est saint VOLUSIEN?
Volusianus nous ramène à la fin du 5° siècle. L'empire romain vient de disparaître. L'évêque Volusien administre la ville de Tours qui est à la frontière de deux royaumes: au nord, celui des Francs dont le chef Clovis sera le premier roi baptisé dans la religion catholique, et celui des Wisigoths au sud dont Toulouse est la capitale.
En 495, Volusien victime de la répression des Wisigoths est arrêté et assigné en résidence dans la vallée de l'Ariège. Il y meurt peu après, sans avoir retrouvé la liberté, de mort naturelle, sans doute. Mais par la suite, on le présente comme martyr... Sa légende riche en miracles rehaussera la célébrité des comtes de FOIX, les protégés du saint.